Famille

Un cancer ne touche pas seulement l’individu malade : sa gravité réelle ou redoutée perturbe aussi sa famille et ses proches. L’importance et la nature de ces troubles varient avec les personnes de l’entourage, avec le rôle joué par le malade, avec le cancer et son évolution.
Les proches, au premier rang desquels le conjoint, ont le souci d’aider le patient, de l’entourer affectivement, de ne pas le laisser seul. Cela entraîne des difficultés matérielles. Les préoccupations de l’entourage sont aggravées par des sentiments de culpabilité, la crainte d’une contagion, l’arrière-pensée d’un facteur héréditaire. La structure de la famille, son fonctionnement, la communication en son sein, facilitent ou entravent les adaptations nécessaires. L’épreuve de la maladie est l’occasion de resserrer des liens ou de précipiter des ruptures.
Le secret médical doit préserver la personne malade de l’ingérence d’un tiers, même proche et censé bien intentionné, dans son intimité. Les soins au patient peuvent être étendus aux proches qui souffrent aussi, parfois plus que le cancéreux lui-même, et qui vont avoir à effectuer, le cas échéant, un travail de deuil. Cette aide doit être adaptée aux circonstances dans un réseau de relations complexes qui évoluent avec le temps (Figure et Tableau).


COMMENT AIDER LES FAMILLES

Au moment du diagnostic
– Donner des indications diagnostiques adaptées à l’interlocuteur, en évitant un décalage entre malade et famille.
– Ne pas ancrer des regrets pour un éventuel retard de diagnostic.
– Balayer toute arrière-pensée fausse et préjudiciable sur les causes.
– Préciser l’absence de contagion.
– Donner les grandes lignes du programme de traitement (durée, hospitalisation).
– Envisager une aide matérielle.
Pendant le traitement
– Informer au fur et à mesure de son déroulement.
– Préparer la convalescence : temps, lieu, moyens (aide).
Après le traitement
– Donner les indications nécessaires pour la réadaptation, l’hygiène de vie, la reprise du travail, la diététique, l’alimentation, la sexualité.
– Expliquer les raisons de la surveillance.
– Informer sur les complications possibles (les symptômes de rechute) justifiant l’appel d’un médecin.
À la période terminale
– Donner les indications pour maintenir à domicile si cela est possible.
– Entretenir la communication.
– Préparer le processus de deuil.

L’approche des soignants doit être globale, sans exclure l’entourage d’une certaine participation aux soins mais sans leur laisser des charges excessives. Il s’agit d’équilibrer un traitement techniquement irréprochable et un bon abord humain, en tenant compte des nombreux intervenants, sans méconnaître des tensions qui surgissent en un moment de crise. Plus que les bonnes intentions ou le bon sens, une communication de qualité est irremplaçable.

Jean Martin., 16/5/2002
mise à jour le : 14/12/2005

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