|
Dents
Exceptionnelles, les tumeurs d'origine dentaire se développent à partir de l'ébauche dentaire et sont dites odontogènes. la moins rare est l'améloblastome (ou adamantinome*) qui se présente comme une tumeur détruisant l'os* (ostéolytique) et formant de faux kystes* dont l'aspect radiologique est caractéristique. la plupart des améloblastomes siègent sur le maxillaire inférieur au voisinage d'une dent de sagesse. ils ont une malignité*; locale et récidivent sur place si l'intervention chirurgicale ne les extirpe pas complètement. la malignité régionale (ganglionnaire*) et générale (métastatique) est exceptionnelle (2% des cas). le myxome* odontogène (ou myxo-fibrome intra-osseux) est aussi ostéolytique et sa croissance est parfois rapide. il siège préférentiellement sur la mandibule en son milieu en avant, au voisinage d'une dent incluse ou à la place d'une dent congénitalement absente. il récidive volontiers sur place mais ne donne pas de métastases*. la plupart des problèmes dentaires rencontrés en cancérologie découlent des traitements, de la chimiothérapie* et de la radiothérapie* surtout. chez le jeune, la croissance dentaire est perturbée par leur action directe avant l'apparition de la denture permanente. chez l'adulte des caries diffuses sont favorisées par les modifications de la salive* à la suite de ces mêmes traitements. la radiothérapie sur la tête et le cou diminue ou supprime la sécrétion* des glandes salivaires* (sous-maxillaires et parotides*) et des multiples îlots salivaires disséminés dans la bouche*, ce qui entraîne une sécheresse de la bouche (xérostomie), une accumulation de débris alimentaires dans les espaces interdentaires et une augmentation du ph : cela modifie la flore bactérienne responsable, en quelques mois ou années, d'une évolution carieuse de toute la denture. elle aboutit à l'élimination des couronnes et à l'infection* des tissus soutenant les dents et de l'os. l'évolution ultime de ce processus est l'ostéoradionécrose*, grave complication qui peut nécessiter une intervention chirurgicale majeure, toujours difficile dans un territoire irradié. c'est pourquoi, jusque vers 1970, toutes les dents étaient extraites avant radiothérapie sur la partie haute du cou, pour les cancers orl* (voies* aéro-digestives supérieures ). la découverte de la prévention de la carie dentaire par applications locales de fluor sous forme de gels contenant des fluorures de sodium ou de pâtes dentaires à haute teneur en fluorures ( 1 g/100 g) a transformé ce risque. seules les dents en mauvais état sont extraites. une bonne hygiène bucco-dentaire et un maintien ' à vie ' de la fluoruration quotidienne permettent de conserver la denture chez près de 95% des malades irradiés. cette prévention de la plus grave des caries dentaires a contribué à démontrer l'efficacité du fluor pour prévenir la carie banale. les caries sont également fréquentes après chimiothérapie* qui perturbe l'édification dentaire comme celle des autres phanères (cheveux*, ongles*). elles sont également diffuses mais s'installent moins rapidement qu'après radiothérapie. leur risque conduit à un examen dentaire soigneux avant toute chimiothérapie, afin de déceler et de traiter toute carie qui pourrait favoriser une infection* locale et s'aggraver. la prévention par la fluorothérapie locale est également utile. la xérostomie (sécheresse buccale) post-radiothérapique a été jusqu'à une date récente un symptôme qu'aucun traitement ne parvenait à améliorer. récemment, deux thérapeutiques efficaces dans près de la moitié des cas ont été décrites : * le chlorhydrate de pilocarpine employé par voie buccale, * l'amifostine administrée en perfusion intraveineuse pendant la radiothérapie. les complications dentaires sont fréquentes à un stade avancé de la maladie quand l'état des malades s'est sérieusement dégradé à l'approche de la mort*. des soins et une bonne hygiène sont nécessaires pour éviter d'aggraver les difficultés de l'alimentation* ou les risques d'infection et réduire l'inconfort provoqué par une sécheresse de la bouche ou une mauvaise haleine. des prothèses mal tolérées doivent être enlevées la nuit et soigneusement nettoyées.
Jean-Claude Horiot., 16/5/2002 mise à jour le : 21/02/2003
|
 |
Liens connexes
ACE
Adamantinome
Age
Alimentation
Améloblastome
Bactérie
Blastome
Bouche
CA
Cancer
Cancérologie
Carie
Cheveux
chimiothérapie
Dents
Fibrome
Fluorures
Ganglion
Gène
Glande
Haleine
If
Infection
Kyste
Malade
Malignité
Mort
Myxome
Nécrose
Ongles
ORL
Os
Parotide
Perfusion
Phanères
Prévention
Prothèse
Rad
Radionécrose
Radiothérapie
Rat
Rate
Récidive
Salive
Sécrétion
Stade
Stomie
Symptôme
Thé
Tissu
Traitement
Tumeur
Veine
|