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Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC)
Après la création d’une douzaine de centres de lutte contre le cancer entre les deux guerres mondiales, l’ordonnance n° 45.2221, du 1er octobre 1945 relative à leur organisation est signée par le gouvernement provisoire de Charles de Gaulle. Elle fixe à ces centres pour objet le dépistage et les soins aux malades, la surveillance prolongée des résultats thérapeutiques, les recherches sur l’étiologie, la prophylaxie et la thérapeutique du cancer, enfin l’enseignement de la cancérologie. Elle leur donne leurs règles de fonctionnement et un statut toujours valide qui devait être discrètement actualisé en 2005. C’est, en France, une structure originale ayant pour but de coordonner la lutte anticancéreuse à l’échelon régional, d’assurer les soins aux malades, de développer une recherche pluridisciplinaire et d’améliorer l’enseignement, la formation des professionnels de la santé et l’information du public. À ce titre elle compose, en général avec le CHU correspondant, le cancéropôle régional de référence. Après l’initiative, en 1740, du chanoine Jean Godinot de créer à l’hôpital de Reims quelques lits pour les « cancérés », c’est au début du XXe siècle que sont prises les principales mesures préfigurant les centres actuels. Elles répondent à l’augmentation des cancers, qui apparaissent comme un fléau, dû au vieillissement de la population et à une meilleure connaissance des causes de décès. L’apparition de la radiothérapie justifie aussi des centres équipés des installations nécessaires. Chargé d’élaborer un programme de lutte contre les cancers, Claudius Regaud propose, après la grande guerre, des principes pour la création et le fonctionnement de centres spécialisés. En 1922, Paul Strauss constitue, au Ministère de la Santé, une commission du cancer qui approuve les propositions faites par Jean Bergonié : ainsi vont être créés, entre 1923 et 1925, quatorze « centres anticancéreux » répartis sur le territoire français, les trois premiers étant ouverts à Paris, à Montpellier et à Lyon. Ces structures verront leurs statuts complétés par l’Ordonnance de 1945 – signée par Charles de Gaulle, François Billoux, René Pleven et Alexandre Parodi – qui détermine leur statut d’établissement privé à but non lucratif et leur assigne la triple mission de soins aux malades (du dépistage au traitement), de surveillance à long terme des résultats et de recherches auxquels s’ajoutera le rôle d’enseignement. Après l’ouverture du dernier d’entre eux, le Centre Jean-Perrin à Clermont-Ferrand, les vingt centres français couvrent l’ensemble du territoire français avec un réseau de consultations avancées. Leur premier objectif est de réunir, dans une unité de lieu, les nombreuses compétences requises pour prendre en charge les patients en regroupant les spécialités : pour le diagnostic (imagerie, médecine nucléaire, anatomo-pathologie, biologie), pour le traitement (chirurgie, radiothérapie, oncologie médicale, etc.) et selon les localisations cancéreuses (gastro-entérologie, gynécologie, otorhinolaryngologie, pneumologie, urologie, hématologie, pédiatrie, etc.). À ces compétences s’ajoutent celles de disciplines complémentaires : épidémiologie, psychologie, sciences de l’information réadaptation, recherche fondamentale, etc. Les centres réunissent des services d’hospitalisation classique, complétés par des hôpitaux de jour pour des explorations ou des traitements ambulatoires, des services de consultation correspondants, des services d’exploration (radiologie, endoscopie, médecine nucléaire), des services de traitement (blocs opératoires, radiothérapie) et des laboratoires. Selon les centres, spécificités ou complémentarités existent en liaison avec le centre hospitalier régional ou universitaire (CHU) auquel les relient des conventions de coopération. Ainsi peuvent être réunies, autour de chaque malade qui se trouve au cœur du système, toutes les compétences nécessaires. Les centres sont placés sous l’autorité d’un directeur médecin qui exerce la responsabilité administrative, secondé par un secrétaire général. Les centres sont ainsi des structures originales, dont le conseil d’administration est présidé par le préfet et qui participent au service public. Les deux centres nationaux (Institut Curie à Paris et Institut Gustave-Roussy à Villejuif) et les dix-huit centres régionaux sont réunis depuis 1964 en une Fédération Nationale qui a pour objectif de valoriser les ressources ainsi assemblées en favorisant la coopération entre les centres, en développant recherche et formation et en harmonisant l’organisation administrative. Dans leur ensemble les centres français réunissent près de mille médecins et plus de 10 000 membres de personnel non médical. Ils travaillent en coopération avec de nombreux laboratoires de recherche de l’INSERM ou du CNRS situés en leur sein ou à proximité, contribuent aux études internationales, notamment dans le cadre de l’Organisation Européenne de Recherche et de Traitement des Cancers (OERTC). Ils mettent en commun les principales données médicales concernant les malades traités dans l’Enquête Permanente Cancer. Le directeur de chaque centre est conseiller du préfet de région en matière de lutte contre le cancer. L’ensemble représente un réseau exemplaire pris pour modèle par beaucoup de pays. En 1994, les centres anticancéreux ont été soumis à une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dont les résultats ont été publiés. À la suite du Rapport Cachin dix ans plus tôt, les insuffisances de la politique de lutte contre le cancer ont été dénoncées et les responsabilités des pouvoirs publics soulignées. À côté des centres spécialisés où sont soignés une minorité des malades, une meilleure organisation des autres lieux de soins apparaît souhaitable et le ministre délégué à la santé, Philippe Douste-Blazy, a annoncé la création d’un « conseil national d’orientation stratégique sur le cancer ». Les centres anticancéreux de leur côté ont entrepris une vaste action interne de rénovation pour mieux bénéficier des moyens actuels d’information et satisfaire aux exigences scientifiques et économiques. Ils représentent un pilier essentiel du « Plan cancer » présenté par Dominique Gillot début 2000, puis du Plan Cancer présidentiel de 2003.
Bernard Hœrni., 16/5/2002 mise à jour le : 12/12/2005
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