Bactérie

Microbe ou micro-organisme composé d’une seule cellule et responsable d’infection dite bactérienne. Les bactéries n’ont aucune responsabilité directe à l’origine des cancers, mais elles provoquent des infections fréquentes et parfois graves chez les malades cancéreux. Certaines d’entre elles, le plus souvent des Streptomyces, sont à la base de médicaments, les antibiotiques, actifs contre les infections (anti-infectieux) ou les cancers.
À l’inverse des virus, aucune bactérie n’induit directement une tumeur maligne, sauf chez les végétaux. À la fin du xixe siècle et au début du xxe, dans le feu de la découverte de nombreux microbes et après l’observation de plusieurs « maisons à cancers », des chercheurs – tels Doyen – crurent découvrir au sein d’une tumeur cancéreuse une bactérie particulière rendue responsable du cancer, mais il s’agissait d’une contamination par une bactérie indépendante. Les bactéries pourraient jouer un rôle indirect, par l’intermédiaire d’une infection chronique, de l’irritation et de l’inflammation associées : l’environnement défavorable ainsi créé pour des cellules ou un tissu les exposerait à des erreurs lors des reproductions cellulaires et à des mutations. C’est ce qui est observé pour le cancer de l’estomac précédé par une infection chronique par la bactérie Helicobacter pylori. Le cancer du col utérin est aussi favorisé par un état infectieux chronique des organes génitaux ; cependant, l’identification récente des papillomavirus suggère plutôt le rôle d’un virus : l’infection bactérienne ne serait que le témoin d’une infection multiple, avec plusieurs germes parmi lesquels des virus. À la suite d’une épidémie de typhoïde à Aberdeen, on a plus récemment observé chez les personnes guéries mais qui continuaient à héberger, de façon prolongée (porteurs chroniques), le bacille typhique, un excès de cancers, en particulier de la vésicule biliaire et du pancréas.
Chez un malade traité pour une tumeur maligne, les infections bactériennes intéressent le tissu tumoral et son voisinage, par exemple quand un cancer du côlon est ulcéré au contact de matières fécales composées pour moitié de bactéries. Une généralisation de l’infection est possible, sous forme de septicémie, lorsque les défenses du malade sont altérées, en particulier si ses globules blancs sont très diminués par le cancer ou le traitement. Les germes responsables sont variables : tantôt il s’agit de microbes courants comme un staphylocoque, un streptocoque ou un colibacille ; tantôt des germes plus rares provoquent une infection plus grave parce qu’ils produisent des toxines importantes ; tantôt enfin il s’agit de germes peu virulents qui normalement n’entraînent pas d’infection mais profitent de l’affaiblissement de l’organisme pour se développer (on parle de germes et d’infections opportunistes).
Le traitement des infections bactériennes est généralement efficace. La plupart sont sensibles à des antibiotiques choisis selon la bactérie en cause. Il faut aussi désinfecter une plaie cancéreuse et si possible la faire disparaître ou aider le malade à récupérer des défenses immunitaires plus efficaces.

Bernard Hœrni., 16/5/2002
mise à jour le : 09/12/2005

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