Vaccination

C’est le meilleur moyen pour éviter (prévention primaire) une maladie infectieuse en immunisant contre le microbe qui en est responsable. Chez l’homme, en l’absence de cause infectieuse directement à l’origine des cancers, il n’y a pas de moyen de vacciner contre les cancers dans leur ensemble ou contre une sorte de cancer en particulier, même si une telle « vaccination » est parfois annoncée dans les médias par abus de langage ou alimente des œuvres de fiction, en littérature ou au cinéma. Les « vaccins » contre le cancer dont on parle au début des années 1990 sont des traitements à l’étude qui visent à stimuler le système immunitaire des malades pour détruire (éradiquer) des métastases microscopiques persistant après un traitement local.
Des observations suggérant que les populations soumises à une vaccination contre la tuberculose par le BCG présentaient une moindre fréquence (incidence) de cancers n’ont pas été confirmées. Cependant certaines infections dues à un virus prédisposent à un cancer et des vaccinations antivirales pourraient réduire l’apparition du cancer correspondant. L’hépatite virale favorisant les cancers du foie dans les pays intertropicaux, la vaccination contre l’hépatite, d’abord faite pour éviter une infection qui peut être elle-même grave et mortelle, retentira peut-être sur l’incidence de ces tumeurs. Il en va de même pour les papillomavirus prédisposant aux cancers du col de l’utérus. De telles actions ne pourront se développer que dans la mesure où le rôle d’agents infectieux prédisposant à un cancer sera élucidé.
Un malade traité pour un cancer peut bénéficier d’une vaccination anti-infectieuse. Contrairement à une idée répandue, un cancer n’entraîne pas systématiquement une insuffisance immunitaire et les traitements qu’il nécessite ne dépriment que temporairement l’immunité. Le déficit immunitaire n’est observé que chez des patients avec un cancer très avancé, dont l’état est sérieusement altéré et dont toutes les fonctions sont compromises. Chez une personne atteinte d’un cancer peu grave ou mise en rémission complète et apparemment guérie, une vaccination est possible et même souhaitable. Le risque de voir apparaître une infection provoquée par un vaccin vivant atténué (antivariolique autrefois) rend prudent avant une vaccination de ce type. Avec un vaccin inactivé, le seul inconvénient est d’obtenir une immunisation de moins bonne qualité que dans le reste de la population. Ainsi le vaccin antigrippal peut être fait, après avis médical, à l’automne, chez une personne antérieurement traitée pour un cancer. La protection qu’il entraîne dépend de l’âge, moins complète chez les personnes les plus âgées. Une personne traitée avec succès pour un cancer peut également se déplacer dans des pays tropicaux en se soumettant aux vaccinations correspondant au pays visité.

Bernard Hœrni., 16/5/2002
mise à jour le : 21/12/2005

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