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Réadaptation
Aussi appelée réinsertion ou réhabilitation, la réadaptation correspond à la prévention tertiaire qui vise à rétablir un malade, après sa guérison, dans des conditions de vie aussi normales que possible. comme la santé, ces conditions sont à la fois physiques, sociales et mentales et les cancers, qui retentissent sur tous ces plans de la vie d'un individu, nécessitent une réadaptation complète. elle dépend de la tumeur, de sa gravité et des traitements qu'elle impose et qui laissent d'éventuels handicaps ou mutilations. elle dépend aussi du patient, de son âge et de son sexe, de sa situation professionnelle et de son contexte social (conjoint, famille, etc.). la réadaptation doit être envisagée le plus tôt possible – avant même le traitement – car elle peut influencer le choix d'un malade ou la décision médicale. sa perspective permet aussi de faire accepter plus facilement une amputation, si elle peut être corrigée (par une reconstruction du sein après son ablation par exemple), ou une infirmité, si ses conséquences sont compensées. elle implique une participation active du malade pour une rééducation de la voix ou les mouvements d'un membre, pour une diététique particulière, pour le rétablissement d'une fonction, par exemple respiratoire, momentanément compromise, pour la reprise du travail ou de toute autre activité habituelle. cette participation est favorisée par une information du sujet pour le motiver, l'éduquer, l'aider à adapter des recommandations générales à son cas particulier. des indications écrites, sous forme de feuilles polycopiées ou de petits fascicules, complètent des explications orales qui doivent être claires, compréhensibles, répétées. enfin la réinsertion s'effectue d'autant mieux que la désinsertion a été limitée. un traitement et une hospitalisation courts, un arrêt de travail bref, une extraction limitée hors des conditions de vie habituelles facilitent le retour aux conditions antérieures.la réadaptation d'un patient traité pour un cancer comprend de nombreux éléments. des handicaps organiques sont corrigés ou réduits par une rééducation musculaire après un évidement de ganglions au cou ou dans l'aisselle, par une rééducation vocale après laryngectomie, par les soins de stomies, par la reprise progressive d'une activité sexuelle, par l'adaptation d'une prothèse de jambe, la reprise ou le début d'une activité sportive, etc. la réadaptation sociale concerne le travail, les assurances, la famille, la sexualité, etc. la réadaptation psychologique n'est pas moins importante pour éviter les syndromes de damoclès ou de lazare et favoriser un processus de deuil, même transitoire.les multiples facettes de cette réinsertion expliquent les interventions souhaitables : de la part du ou des médecins, d'infirmières, de kinésithérapeutes, de psychologues, de travailleurs sociaux, de divers membres de la famille, de relations de travail, d'associations d'anciens malades. dans les cas favorables où il y a guérison, elle ne suffit pas et la réadaptation influence de façon décisive le devenir du malade : au pire diminué, reclus, infirme à vie, au mieux régénéré, ayant reconsidéré les valeurs de son existence et bénéficiant en quelque sorte d'une ' nouvelle naissance '.
Bernard Hœrni., 16/5/2002 mise à jour le : 24/02/2003
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