Pollution

La dégradation de l’environnement est souvent et simplement rattachée à l’augmentation de fréquence des cancers. Ils servent ainsi de prétexte pour dénoncer tous les polluants artificiels de la vie moderne : produits chimiques, fumées d’usines ou gaz d’échappement, radioactivité, substances toxiques sur le lieu de travail, rayonnements électromagnétiques, etc. Ce discours écologique appelant à une vigilance justifiée fait en général abstraction de facteurs cancérogènes naturels comme les rayons du soleil, la radioactivité naturelle dans certaines régions ou en altitude (rayons cosmiques, radon) et de la plus importante des pollutions individuelles, celle due au tabac. Cette dissonance cognitive entre ce que l’on sait et ce que l’on croit était déjà observée après la Seconde Guerre mondiale en Angleterre où les gaz de voitures étaient accusés de l’augmentation des cancers respiratoires, au moment où Richard Doll démontrait statistiquement la responsabilité du tabagisme qui devait être abondamment confirmée par la suite.
Ces excès ou ces décalages ne doivent pas, pour autant, faire négliger la surveillance de l’environnement et de ses diverses composantes que les activités humaines déséquilibrent parfois profondément. La pollution de l’air a de nombreuses composantes et induit certainement des troubles, par exemple une gêne respiratoire, plus immédiate et plus fréquente que de possibles cancers. Les mesures de protection contre le tabagisme passif représentent un exemple de ce qui peut être fait pour réduire les expositions involontaires à des facteurs favorisant les cancers.

Jean Martin., 16/5/2002
mise à jour le : 20/12/2005

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