Papillomavirus

Les papillomavirus humains (HPV) constituent une importante famille de virus à ADN, ayant des affinités pour les revêtements ; il en existe plus de 60 types, certains responsables de tumeurs bénignes ou malignes. On trouve les types 6 et 11 à l’origine de lésions de la peau ou des muqueuses (de la bouche, de la gorge ou des régions ano-génitales), qui se présentent sous forme de verrues, de papillomes ou de condylomes évoluant vers la guérison. Les types 16, 18 et, à un moindre degré, 31 et 33 provoquent aussi des lésions bénignes (condylomes, dysplasies) qui persistent et peuvent évoluer vers un cancer. Cette dégénérescence maligne s’observe surtout sur le col de l’utérus dont le cancer est associé neuf fois sur dix à un papillomavirus. L’infection se transmet par voie sexuelle et sa fréquence se répand comme une petite épidémie, qui explique les cancers utérins survenant chez des femmes jeunes et ayant généralement une grande malignité.
Après avoir pénétré dans la cellule, l’ADN de l’HPV s’insère dans le noyau et l’ADN cellulaire au voisinage de gènes – proto-oncogènes ou gènes suppresseurs – dont l’action régulatrice sur les reproductions cellulaires se trouve perturbée. Plusieurs années s’écoulent habituellement entre première infection à papillomavirus et éclosion du cancer, ce qui suggère que plusieurs phénomènes successifs sont à l’origine de la cancérisation. Elle est aussi influencée par le contexte et favorisée par d’autres facteurs : des infections associées, le tabagisme, une contraception hormonale, une carence en vitamines.
La prévention de l’infection est celle de toutes les maladies sexuellement transmissibles : hygiène génitale soigneuse et usage de préservatifs. Une fois apparue, l’infection à papillomavirus est tenace. Les lésions bénignes initiales qui en découlent peuvent être détruites par un traitement local : excision, électrocoagulation, laser, etc.
Les résultats positifs d’un vaccin contre les papillomavirus les plus impliqués laissent espérer non seulement une réduction du risque infectieux mais aussi de la dégénérescence maligne qui en découle.

Bernard Hœrni., 16/5/2002
mise à jour le : 20/12/2005

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