Ces actualités sont collectées et commentées par Mme le Docteur Françoise May-Levin (bénévole à la Ligue contre le Cancer). Elles ont pour sources les revues scientifiques les plus courantes.

Date 23/09/2007
Titre Consommation de fruits et légumes et cancer prostatique :
Une étude prospective
Article
L'effet protecteur contre le risque de cancer  exercé par une consommation suffisante de fruits et légumes semble bien établi et fait l'objet d'une vaste campagne médiatique. Plusieurs publications très fragmentaires ont notamment établi un lien entre divers légumes et le cancer de la prostate.

C'est pourquoi une équipe d’épidémiologistes américains et canadiens a mené une étude prospective ciblée sur le cancer de la prostate[1]. Il s'agit d'une équipe spécifiquement intéressée par le dépistage et prévention des principaux cancers (Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian cancer Screening Trial)

Méthode:

Cette étude porte sur les hommes déjà inclus dans un essai de  dépistage systématique de cancer prostatique.

Tous les participants, participant à ce programme de dépistage, ont accepté de remplir un questionnaire très élaboré et validé portant sur la nature et la composition de leur alimentation comportant 137 idem, auquel est joint un questionnaire portant sur tous les autres facteurs de risque (âge, antécédents familiaux, masse corporelle, tabagisme, activité physique , facteurs génétiques)

Résultats:

Parmi les 30 000 hommes ayant subi le dépistage, et suivis durant 8 ans, 1338 (4,5%) ont été dépistés comme atteint d'un cancer prostatique, histologiquement vérifé, et donc 39% étaient agressifs, c'est à dire Gleason >7 ,stade IIIou IV.

  Leur âge moyen est de 63 ans  Le taux moyen de PSA de 8.

70,5% étaient des fumeurs.

L'analyse a porté sur l'incidence des cancers de la prostate, mais également, ce qui est plus original, sur leur évolution vers les formes graves

C'est ainsi que l'on peut constater que la consommation de fruits et légumes n'influent en rien sur l'incidence générale des cancers. Par contre, et c'est plus surprenant, le taux de formes évoluées et notamment des tumeurs agressives (Gleason>7 ou formes Stades III ou IV) sont significativement plus réduite chez les consommateurs de fruits et légumes RR=0,41 (0,22 –0,74) p=0,01.  Une analyse plurifactorielle confirme qu'il s'agit d'un facteur de risque indépendant

            De plus, une analyse plus poussée permet de préciser que ce sont les  choux quelqu'en soit la variété, qui sont les plus favorables, et plus particulièrement les broccolis (RR=0,55) ou les choux-fleurs (RR=0,48) tandis que les épinards sont à la limite de la signification.(RR=0,63)

Par contre, cette distinction ne se retrouve pas quand est considérée l'incidence des formes peu agressives (Stades I,II)

Quant aux autres légumes (carottes, pommes de terre et..) ou légumineuses, aucune corrélation n'est retrouvée.


Conclusion:

Si cette étude permet de récuser l'influence de l'alimentation sur le risque de développer un cancer de la prostate, par contre elle révèle que la consommation régulière de fruits et légumes permet de contrôler, dans une certaine mesure, l'évolution vers les formes les plus agressives.

Ce rôle protecteur semble le privilège des crucifères  ou de façon plus réduite aux épinards.

 On peut évoquer l'hypothèse de leur richesse en produits protecteurs du DNA tels les enzymes de détoxification ou encore en raison de leur richesse en produits antioxydants

Conseiller une alimentation riche en ces légumes verts peut donc donner une chance supplémentaire aux patients de se protéger contre le cancer de la prostate.







[1] Kirsh V.A. and al: Prospective study of fruit and vegetable intake and risk of prostate cancer. J.Ntl.Canc.Inst.2007; 99; 1200-1209

Date 09/09/2007
Titre EPOTHILONE B et son dérivé l' IXABEPILONE:
Un antimitotique prometteur dans le cancer du sein évolué
Article L'Ixabepilone est un dérivé de e de l'epothilone B.  Les epothilones  constituent une classe de médicaments,  provenant d'une mycobactérie africaine, et agissant électivement sur les microtubules.
Les microtubules sont des formations intracelluaires, dont la fragmentation est nécessaire pour la division cellulaire.
Les agents stabilisant la tubuline bloque donc la croissance cellulaire, et induise l'apoptose. Il en est ainsi des taxanes.

 L'epothilone B a une activité polymerisante de la tubuline  de 2 à 10 fois plus forte que le taxol.

Mais surtout, ce qui est intéressant,c'est le maintien de leur action à l’encontre des cellules multirésistantes à la chimiothérapie .

L'Ixabepilone est un anaalogue de l'épothilone B et est devenue le composé de référence en chimiothérapie. Son mécanisme d'action analogue à celle des taxanes explique qu'ils soient également responsables d'atteinte neurologique de type polynévritique  en régle modérée et réversible.

Deux modes d'administration sont possibles: soit sur un jour en  une perfusion de 40mg/m2 en 3 heures, répétée toutes les 3 semaines, soit en une perfusion de une heure à la dose de 6mg/m2 par 24h 5 jours de suite toutes les 3 semaines.Le premier protocole est le plus souvent adapté

C'est dans le cancer du sein métastatique que les essais de traitement par l'Ixabepilone sont le plus nourris. Tous ils concordent pour constater une efficacité objective avec un taux de réponse  et une augmentation du temps de survie chez des patients résistants aux chimiothérapies classiques: anthracyclines, mais aussi taxanes et capecitabine.

Une étude phase III très récente a montré, ches des patientes traitées par capecitabine seule ou associée à l'Ixabepilone , celles traitées par les deux produits ont un taux de survie sans progression significativement prolongé.

            Cancer de la prostate, cancer bronchique à un stade avancé s'avérent également, dans les essais préliminaires, sensibles à l'Ixabepilone

            Les effets secondaires   hématologiques sont relativement modérés avec une neutropénie de grade 3 ou 4 dans 12 à 15% des cas. Parmi les troubles non hématologiques, on observe troubles digestifs (nausées, vomissements), mais aussi une grande fatigue, et des troubles sensitifs de type polynévrique , en régle modérés et réversibles . L'alopécie survient dans 40 à 50% des cas

 
CONCLUSION:
L'Ixabepilone , du fait de son absence de résistance croisée avec les chimiothérapies classiques, est un produit qui s'avére interessant comme recours chez des patients en phase avancée et ayant résisté aux traitements classiques. D'autres essais en cours permettront peut être d'étendre ces indications.

Date 31/08/2007
Titre Intérêt diagnostic de l'IRM mammaire
pour le diagnostic de carcinome in situ
Article
Reconnaitre un carcinome intracanalaire non invasif  le plus précocément possible doit permettre d'éviter le passage, dans un certain nombre de cas, au stade de carcinome invasif. L'introduction de l'Imagerie par Résonance Magnétique apporte t elle de réels progrés en ce sens? Une équipe allemande a zentmené une étude prospective comparant , chez des femmes "à risque" de cancer du sein, la sensibilité d'une mammographie classique à une IRM . [1]


Méthode:

Il s'agit d'une étude prospective menée  sur 5 ans, de 2002 à 2006, chez 7320 femmes saines, d'âge moyen 55 ans,  mais considérées à "haut risque de cancer du sein", en raison ,soit d'une image mammographique douteuse, soit d'un antécédént de cancer du sein controlatéral, soit d'une histoire familiale évocatrice, soit encore d'un doute clinique sans traduction mammographique évidente.

Toutes ces femmes ont bénéficié  alors une d' mammographie, soit traditionnelle, soit numérique,  et d'une IRM du sein  Au  moindre doute, une biopsie est effectuée.


Résultats:

 Sur l'ensemble des femmes examinées et ayant eu la double exploration par mammographie et IRM, 15% présentaient une image suspecte  dont 469 (6%) avaient un cancer invasif  du sein et 193 ( 2,6%) un carcinome in situ.

En ce qui concerne la sensibilité des deux méthodes concernant la détection des carcinomes in situ, quelqu'en soit le grade, c'est l'IRM qui s'est montrée de façon la plus significative la plus performante (p<0,0001) ; les cas classés faussement négatifs étant de 44% pour la mammographie contre 8% pour l'IRM., tandis 56% des cas ont été diagnostiqués par la mammographie et 92% par l'IRM (p<0,0001)

Quant aux carcinomes in situ de haut grade, 48% ont été reconnus par l'IRM seule tandis que la mammographie a été plus sensible que l'IRM pour déceler de telles lésions dans 4% des cas . et cette différence en faveur de l'IRM se retrouve pour l'ensemble des cas,  mais  de façon significative seulement pour les hauts grades et grades intermédiaires. La sensibilité de la mammographie s'émousse pour les carcinomes de haut grade nuclaire, mais reste  plus marquée pour les carcinomes in situ avec nécrose, alors que l'IRM reste performante dans tous les cas

 Par contre ni la taille de la région atteinte, ni l'âge de la patiente, pas plus que ses antécédents personnels ou familiaux n'ont de corrélation avec les résultats de l'imagerie.


CONCLUSION:
Ces résultats montrent une plus grande sensiblité de l'IRM à déceler des carcinomes intracanalairs mais de façon signficative seulement pour les carcinomes de haut grade  Ainsi en cas de doute mammographique ou clinique, il faut recourir à l'IRM .







[1] Kuhl C.K and al: MRI for diagnosis of pure ductal carcinoma in situ.. Lancet 2007; 370:485-492

 

Date 26/08/2007
Titre Survie de Tumeurs endocrines digestives malignes
Article Les tumeurs endocrines digestives malignes sont des tumeurs rares et , de plus, très hétérogènes . D'où la difficulté à évaluer leur durée de survie
Une vaste étude nationale britannique  a été menée sur l'ensemble de la population britannique entre 1986 et 1999. [1]


Méthode:

 Etude épidémiologique menée entre 1986 et 19999 sur toutes les tumeurs endocrines digestives maligne (TEDM)  primaires relevées dans le Registre National des Cancers de Grande-Bretagne., soit une population de 55  millions de femmes

On observe une grande majorité de Tumeurs bien différentiées (79%) contre 21% de Tumeuers à petites cellules.

Les TEDM bien différentiées comportent les insulinomes, carcinomes insulaires pancréatiques, VIPome, glucagonomes,  et  carcinomes neuroendorcrines . Les tumeurs à petites cellules incluent les carcinomes endocriniens à petites cellules, et les cellules en grain d'avoine. L'ensemble comporte 4104 sujets

Sont pris en compte les données classiques : sexe, âge, siége de la tumeurs,  catégories socio-économiques, évaluées selon 5 critères précis validés, ainsi que  la période à laquelle a été porté le diagnostic , classées par pérode de 5 ans

 
Résultats :

-          Les caractéristiques  de TEDM:

La rareté de ces tumeurs est confirmée puisqu'elles ne comptent que pour 05,à 0,6% de l'ensemble dese cancer. Il n'y a pas de prédominance liée au sexe. L'âge moyen au diagnostic est de 62 à 71 ans

Les tumeurs bien différencées (79%)  se développent chez des sujets légérement plus jeunes que les tumeurs à petites cellules (62,8 ans contre 70,6 ans) 

Ce qu'il faut noter , alors que le sex ratio des formes différentiées est poche de 1, par contre, les formes à peties cellules se développent plus fréquemment chez les femmes (59% p<0,001)

75% des tumeurs bien différentiées sont localisées dans l'intestin tandis que  le siége des tumeurs à petites cellules est l'oesophage dans 64% des cas .

Enfin,fait surprenant, la fréquence des TEDM , quelle que soit le type , est deux fois plus fréquent chez les personnes en précarité

-          Les Taux de survie

·        Pour l'ensemble de TEDM: le taux de survie relatif à 1, 5 et 10 ans est de 64%, 46% et 38%

·        Mais il existe de larges variations suivant qu'elles soient différentiées ou non et également suivant  les types de tumeurs , ces différences étant plus marquées après 5 ans:

Ø      Pour les formes bien différentiées , le taux de survie évalué après 5 ans est le plus élevé pour les T. du côlon, (65%) et le plus bas pour les T. du grêle (9%)

Mais il faut également tenir compte du caractère secrétant ou non de la T. (66% contre 41%) . et du type de glande impliquée, insulinomes et gastrinomes étant plus favorables que ls glucagonomes et les carcinoides.

Enfin, dans tous les cas, le pronostic est plus sévère chez les femmes.

Ø      Les T. à petites cellules ont un pronostic très sévère avec un taux de survie moyen de 5% après 5 ans. L'évolution est un peu plus favorable  dans les atteintes du côlon , du grêle et de la vésicule biliaire tandis que les TEDM du foie ont une espérance de vie 5 fois inférieure..

·        Quant à la période du diagnostic, segmentée classée par dizaine d'années entre 1986 et 1999, soit sur plus de 14 ans, elle n'a pu déceler aucune variation avec le temps, en d'autres termes aucune amélioration.

 
CONCLUSION:

Les TEDM représentent un groupe très hétérogéne de tumeurs malignes, dont le pronostic général est sévère , avec , toutefois de larges variations en fonction de la différentiation cellulaire et du type de cellules concernées, les plus favorables étant les tumeurs bien différentiées du colon.et les plus graves les tumeurs à petites cellules de l'œsophage et du foie.

 Il faut noter également une plus grande gravité chez les femmes, et une plus grande fréquence chez les sujets en précarité. Enfin, les progrés des méthodes tant diagnostiques que thérapeutiques acquis  ces dernières

années ne se manifestent pas par des progrès marquants sur les taux de survie

 

 







[1] Lepage C and al. Survival from malignant digestive endocrines tumors in England and Wales  Gastro Enterology 2007; 132;899-904

 

Date 19/08/2007
Titre Relation entre le taux du Récepteur d'EGF et la réponse au tamoxiféne des cancers du sein RH+
Article Les récepteurs de l'Epidermal Growth Factor (EGFR) ont un facteur clef de la croissance celllulaire, du fait de leur rôle de récepteur transmembranaire  d'une tyrosine-kihnase. Ils dont l'importance s'est accrue ces temps derniers depuis le développement des thérapies "ciblées",dont les inhibiteurs de EGFR sont une large part.  Les divers facteurs de régulation de la croissance cellulaire ont fréquemment une interaction; divers arguments expérimentaux sont en faveur de l'association entre certains cas de résistance au tamoxiféne et une augmentation du taux de  EGFR dans la tumeur du sein.
Or, le dosage de cette protéine n'est pas couramment pratiqué en clinique. Une équipe suédoise , utilsant un dosage quantitatif par immuflourescence            a mené une étude sur une vaste cohorte de patientes, afin d'établir une éventuelle relation entre la valeur quantitative de EGFR et la réponse clinique au tamoxiféne .[1]


Méthode:

Etude retropsective sur une cohorte de 500  patientes non ménopausées ou âgees de moins de 50 ans,  atteintes d'un cancer du sein loocalisé  avec ou sans envahissement ganglionnaire , opérable d'emblee.  Ces patientes ont reçu ou non, et , dans le cadre d'un essai randomisé , un traitement par tamoxiféne durant 2 ans.

Toutes les 500 tumeurs ont fait l'objet d'un dosage quantitatif , par une méthode de biologie moléculaire confirmée,  de EGFR.


Résultats:

Aucune  relation entre les  taux d'EGFR  et la taille tumorale ni avec la présence d'adénopathies métastatiques.

Par contre, il existe une corrélation positive entre le taux de la protéine et le grade histopronostic (p<0,0001)

A l'opposé, la présence de Récepteurs Oestrogéniques est significativement corrélée avec un taux bas d'EGFR;

Quant à l'efficacité d'un traitement par 2 ans de tamoxiféne  chez les patientes dont la tumeur est RH+,  elle est significativement  plus marquée si le taux de EGFR est bas, tandis qu'elle est nulle si ce taux est élevé, avec une courte  durée de survie aussi bien en rémission  que globale  (52% de patients  à taux élevé de EGFR en rémission après 10 ans  , contre 78% si le taux d'EGFR est bas)

Ces résultats sont confirmés en étude plurifactorielle selon le modèle de Cox.

Ainsi, ces résultats plaident-ils  en faveur d'une résistance au tamoxiféne en cas de taux élevé dans la tumeur de EGFR.  Il est intéressant de noter qu'aucune corrélation n'a pu être observée entre l'expression des protéines  EGFR et  HER-2

 






[1] Quantitative measurement or EGFR is a negative predictive factor for tamoxifen response in hormone-receptor positive premenopausal breast cancer. J.Clin.Oncol?2007; 26; 3007-30014

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