Haddow (Alexander, 1907-1976)
Cancérologue anglais jouant un rôle important à l'origine de la chimiothérapie. Il développe l'usage des moutardes azotées ou agents alkylants dans le traitement des leucémiesaiguës.
Hallier (Jean-Edern)
Voir Le Premier qui dort réveille l'autre.
Voir Bouche*, Odeur*.
Halsted (William Stewart, 1852-1922)
Chirurgien américain à l'origine d'une technique d'ablation large du cancer du sein. Après avoir complété sa formation chirurgicale en Autriche et en Allemagne et proposé en 1889 d'utiliser des gants en caoutchouc pour opérer, il met au point une technique de mastectomie élargie qui enlève non seulement la glande mammaire mais encore les muscles pectoraux, qui recouvrent les côtes et mobilisent le bras, et les ganglions lymphatiques de l'aisselle. Bénéficiant des progrès de l'anesthésie et de l'asepsie en cette fin du XIXe siècle, cette intervention radicale est présentée en 1891 dans le journal de l'hôpital John Hopkins de Baltimore où exerce Halsted, à partir de 13 opérations réalisées. Quoique fondée sur une fausse conception de propagation d'abord loco-régionale des cancers et accompagnée de guérison pour moins de la moitié des malades, cette opération s'imposera dans le monde jusque dans les années 1960 et restera le geste de référence aux États-Unis jusque vers 1980, avant d'être remplacée par des mastectomies plus limitées ou par des interventions partielles conservant le sein.
Traumatisé par le décès accidentel de son fils, mortellement blessé en 1978 par le fils du roi Umberto d'Italie, le Dr R.G. Hamer présente quelques mois plus tard un cancer qu'il attribue à ce choc psychologique. Il énonce en 1984 une nouvelle théorie, la " loi d'Airain " du cancer, selon laquelle existe et fonctionne une triade " psychisme, cerveau, organes " constamment synchronisée. Selon Hamer, un choc psychologique brutal ou un conflit aigu vécu dans l'isolement perturbe cette synchronisation. Une erreur de codage au niveau du cerveau entraînerait alors une prolifération cancéreuse et aboutirait en même temps à un " foyer d'œdème dans la région cérébrale correspondante ". Toujours selon Hamer, le traitement du cancer doit être psychologique, au besoin par hypnose, car " la résolution du conflit psychologique modifiera l'erreur de codage du cerveau et interrompra l'évolution du cancer ". Le Dr Hamer propose d'éviter la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie qui entraînent de nouveaux chocs psychologiques. Cette théorie séduit le public car de nombreux patients attribuent, malgré l'absence de toute preuve scientifique, l'apparition de leur cancer à un choc psychologique. En fait, il n'a jamais été montré qu'un tel choc déclenchait un cancer (
voir Psychogenèse). Les foyers d'œdème cérébral décrits par Hamer pour appuyer sa théorie sont des métastases cérébrales et non des " réactions " à un choc. Un traitement psychologique peut aider le patient à mieux supporter sa maladie et sa prise en charge, mais il ne peut guérir à lui seul un cancer. Cette théorie est dangereuse car elle expose des patients à abandonner les traitements éprouvés et à perdre des chances de guérison.
Créé en 1934 pour coordonner l'enseignement médical au Royaume-Uni, cet hôpital de Londres a été complété en 1941 par l'ouverture d'un service de cancérologie. Se développant au fil des années, ce dernier est devenu un département d'oncologie traitant 2 000 nouveaux malades par an, principalement par radiothérapie et chimiothérapie et faisant simultanément de la recherche clinique et expérimentale. Les principales recherches portent sur de nouveaux médicaments, la prolifération cellulaire, la biologie moléculaire. Le rayonnement de l'équipe médicale est accru par des consultations spécialisées données dans d'autres hôpitaux. Les médecins participent à l'enseignement de la cancérologie et organisent périodiquement des réunions scientifiques.
Comme les autres animaux, cet animal familier présente, des cancers variés. Les plus fréquents sont des mélanomes de la peau, des adénocarcinomes du poumon et des lymphomes. Ces cancers sont deux fois plus fréquents chez le mâle que chez la femelle. Ils sont parfois multiples chez le même animal. De petites épidémies (épizooties) de lymphomes ont été observées dans des élevages, sans contamination à d'autres animaux ni à des êtres humains.
Le hamster a été utilisé pour la greffe de tumeurs expérimentales. Sa poche jugale, diverticule de la bouche où il amasse des aliments avant de les avaler, est un site anatomique où une tumeur greffée pousse assez facilement, ce qui permet d'en étudier les caractères.
Hand-Schüller-Christian (Maladie de)
Maladie très rare de l'enfant, qui entre dans le cadre de l'histiocytose X. Elle détermine des destructions (lacunes) des os, une augmentation de la quantité d'urine (diabète insipide) liée à une atteinte de l'hypophyse et des yeux exorbités (exophtalmie). L'évolution est prolongée et irrégulière, avec des périodes d'aggravation. Elle justifie une chimiothérapie adaptée et parfois une radiothérapie sur l'hypophyse. Ces traitements permettent de guérir quelques malades.
Hartmann (Henri, 1860-1952)
Chirurgien de l'Hôtel-Dieu, professeur à la faculté de médecine de Paris, Hartmann a été parmi les premiers à s'intéresser au traitement des cancers, dans sa spécialité et en liaison avec la radiothérapie débutante. Il se consacre principalement aux cancers de l'estomac, dont il publie dès 1898 quelques cas guéris par chirurgie, et de l'utérus. Il est, après la Grande Guerre, à l'origine de la Ligue contre le cancer et fait partie de la Commission des cancers créée en 1922 par Paul Strauss. Il se dépensera contre " le péril cancéreux " en plaidant pour le diagnostic précoce.
Haut les cœurs ( 1999)
Ce film de Solveig Anspach, inspiré par une expérience personnelle, retrace l'existence d'une jeune femme enceinte chez laquelle est reconnu un cancer du sein. De façon réaliste et équilibrée, on suit son combat contre la maladie pour la naissance de son enfant, grâce à des cancérologues pluridisciplinaires parfois maladroits, mais convaincus et convaincants. Le personnage principal, interprété par Karine Viard, se bat avec son entourage dont certains membres fuient, pour surmonter la perte de ses cheveux, l'interruption de ses activités musicales, pour garder son compagnon, pour continuer à vivre sans exclure la possibilité de mourir. Ses moments de faiblesse sont dominés par un surcroît d'énergie, un volonté de participer. C'est à la fois un hommage à la médecine et à une femme exceptionnelle et exemplaire.
Bernard Hoerni.
Voir Bêta-HCG.
Étymologiquement " homme qui se punit lui-même ", c'est le héros de comédie de Térence (190-159 av. J.-C.) qui est le premier à souffrir d'une mesure disciplinaire dont il a frappé son fils. Modèle d'un " bourreau de soi-même ", ce personnage s'applique aujourd'hui au fumeur. Sous prétexte d'un plaisir douteux, plus souvent en raison d'une habitude dont il n'arrive pas à se défaire, le fumeur devient l'esclave d'une consommation apparemment choisie mais qu'il ne domine pas. Il est soumis à des désagréments sensoriels ou esthétiques, diminué dans ses capacités intellectuelles, physiques et sexuelles, exposé à des complications ultérieures, cardio-vasculaires et cancéreuses, qui le tueront. Le fumeur apparaît ainsi comme la première victime d'une pratique sur laquelle pourrait en principe s'exercer sa volonté.
Cette ville du Bade-Wurtenberg est le siège du Centre allemand de Recherche sur le Cancer. Il se consacre surtout à la recherche fondamentale sur les virus et la biologie moléculaire, mais aussi en radiothérapie, en épidémiologie et tient un service d'information accessible au public. Les études virales sont consacrées principalement aux papillomavirus ainsi qu'aux parvovirus qui protégeraient contre les cancers chez le chat, le chien, le hamster et peut-être aussi l'homme.
Heitan (Test de)
Expérimenté à partir de 1946 par le médecin allemand Henri Heitan, ce test consiste à examiner, à l'aide d'un microscope à contraste de phase, la couleur et la répartition des globules rouges d'une goutte de sang séchée à l'air. Selon la couleur et l'aspect du sang, il serait possible selon le promoteur et réalisateur de faire un diagnostic de cancer et de préciser son évolution. Ce test a été repris et légèrement modifié par d'autres médecins. Il a reçu un avis défavorable de l'Académie de Médecine en 1986. Il ne repose sur aucune base scientifique et ne permet ni de faire le diagnostic ni de suivre l'évolution d'un cancer.
Observée depuis un demi-siècle sur la paroi (muqueuse) de l'estomac, cette bactérie a été identifiée seulement en 1983 par l'Australien Robert Waren et l'Américain Barry J.Marshall. D'abord dénommée Campylobacter pylori, elle est responsable d'une inflammation de la muqueuse (gastrite) et mise en cause à l'origine des cancers de cet organe. Elle est également associée à la majorité des ulcères du duodénum, sans y provoquer de tumeur maligne. Sa présence dépend du niveau socio-économique, fréquente dans le tiers-monde, chez un tiers des Français seulement, comme si elle dépendait de la qualité de l'alimentation. On la retrouve avec une fréquence élevée avant ou au moment de l'apparition d'un cancer de l'estomac, surtout s'il est situé sur l'antre ou partie horizontale qui précède immédiatement le duodénum ; cela fait suspecter son influence à l'origine de cette tumeur. La même association se retrouve avec le lymphome gastrique. L'infection agirait par l'intermédiaire de l'inflammation chronique initiale (gastrite), mais son rôle exact n'est encore ni prouvé, ni précisé.
Radical dérivant du mot grec haima signifiant " sang ", utilisé comme préfixe ou suffixe (-émie) dans de nombreux termes médicaux.
Vomissement de sang pouvant révéler un cancer de l'estomac.
Voir Globules rouges.
On regroupe sous ce terme diverses manifestations cutanées en rapport avec un cancer des cellules du sang. Caractérisées par la présence dans la peau de cellules malignes, elles présentent différents aspects : diffus ou localisés, fins ou épais, plus ou moins colorés. Elles s'observent surtout au cours de cancers des lymphocytes, plus spécialement de lymphocytes T (leucémies ou lymphomes). L'hématodermie la plus typique est le mycosis fongoïde.
Science des maladies du sang, l'hématologie a de nombreux rapports avec la cancérologie. Elle s'intéresse à tous les cancers impliquant les globules et les cellules qui leur donnent naissance : leucémies aiguës et chroniques, lymphomes, maladie de Hodgkin, myélomes, etc., regroupés sous le terme d'hémopathies malignes. Elle est également concernée par tous les troubles sanguins qui accompagnent les autres cancers (tumeurs solides) et leur traitement : altérations globulaires, désordres de la coagulation et de l'hémostase, etc.
Ce terme désignait un cancer des cellules du sang (ces cellules étant alors considérées comme des cellules conjonctives, tout cancer les concernant était un sarcome). Il a été employé dans un sens restrictif comme synonyme de lymphome mais n'est plus guère utilisé.
Présence dans l'urine de sang provenant de la vessie ou du rein, plus rarement de l'uretère ou de l'urètre, l'hématurie peut révéler un cancer. Elle peut être visible ou très discrète, découverte par le seul examen microscopique des urines. Son origine peut être une tumeur bénigne (papillome, polype) ou maligne (de la vessie, du rein), une migration de calcul, une cystite liée à une infection ou à une chimiothérapie (cyclophosphamide, en particulier), une thrombopénie. L'examen clinique, l'imagerie et, en l'absence de trouble de la coagulation, une endoscopie de la vessie (cystoscopie) en période hémorragique en précisent l'origine et guident le traitement.
Détectant dans les selles le sang venant d'une hémorragie discrète et inapparente (occulte) du tube digestif, ce test simple est proposé pour le dépistage du cancer du côlon et du rectum, un des plus fréquents dans les pays développés, qui guérit plus souvent s'il est reconnu tôt. Son principe est de révéler, par une réaction chimique et une coloration, la présence de petites quantités d'un composant de l'hémoglobine contenue dans les globules rouges. En pratique, le patient se procure en pharmacie ou auprès de son médecin une plaquette sur laquelle il doit déposer une parcelle de selle trois jours de suite. Le test est ensuite envoyé dans un laboratoire qui révélera ou non la présence de sang. Malgré des progrès, il n'est ni très sensible ni très spécifique. Il peut être faussement négatif si le saignement est intermittent et absent pendant la période du prélèvement : le patient sera rassuré à tort. Inversement il peut être faussement positif après ingestion de viande rouge peu cuite, à cause de substances donnant la même réaction, ou encore à cause d'une petite lésion non cancéreuse de l'intestin : le patient subira alors inutilement d'autres examens. Malgré ces imperfections, l'Hémoccult tend à être utilisé pour sélectionner des sujets à risque qui doivent se soumettre à des explorations plus complexes comme une endoscopie du côlon (coloscopie). Son intérêt pour dépister le cancer du côlon est à l'étude dans des expériences d'épidémiologie conduites dans plusieurs pays.
Test permettant d'isoler des germes (bactéries et champignons) qui pénètrent massivement dans le sang et provoquent une infection grave, une septicémie. Chez un patient cancéreux, les germes en cause sont souvent ses propres microbes qui ne sont plus contrôlés par des défenses immunitaires défaillantes et qui deviennent pathogènes, c'est-à-dire entraînent une maladie (infection opportuniste). L'origine est un foyer infectieux à partir duquel les germes passent dans le sang puis dans d'autres organes. Quand ce passage est transitoire, on parle de bactériémie. Quand une septicémie est évoquée par des signes généraux (fièvre, frissons, altération de l'état général), il faut faire rapidement le diagnostic pour instaurer un traitement antibiotique majeur car la vie du malade est en danger. Auparavant il faut isoler puis caractériser le microbe par une hémoculture.
Après désinfection soigneuse de la peau, on prélève par ponction veineuse 10 à 15 ml de sang que l'on ensemence dans plusieurs flacons contenant un milieu de culture et des facteurs nutritifs qui permettent à la plupart des germes de pousser; ces flacons contiennent ou non de l'oxygène, certains microbes en exigeant pour pousser (germes aérobies), d'autres au contraire n'en voulant pas (anaérobies). Ces hémocultures sont pratiquées en période de frissons et de fièvre car à ce moment-là les germes sont les plus nombreux et on a donc le plus de chances de les isoler. Après un ou plusieurs jours de culture à l'étuve, les germes commencent à se mutiplier et on étudie, sur d'autres milieux, leurs caractères pour les identifier et préciser leur sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). .
Voir Bilirubine, Globules rouges.
Improprement appelé " numération formule sanguine " (NF ou NFS), cet examen englobe le compte ou numération des globules sanguins (globules rouges ou hématies, globules blancs ou leucocytes, plaquettes) et la formule leucocytaire ou distribution des divers types de globules blancs (granulocytes, lymphocytes, monocytes). Désormais réalisé avec des appareils automatiques,
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COMPTE GLOBULAIRE |
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Système international |
Système traditionnel |
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Hématies |
Homme . . . . . . |
4,5 - 5,9 x 10 12/l |
4 500 000 - 5 900 000/mm3 |
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Femme . . . . . . |
4 - 5,4 x 10 12/l |
4 000 000 - 5 400 000/mm3 |
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Hématocrite |
Homme . . . . . . |
0,40 - 0,54 |
40 - 54 % |
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Femme . . . . . . |
0,37 - 0,45 |
37 - 45 % |
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Hémoglobine |
Homme . . . . . . |
8,1 - 11,2 mmol/l |
12 -13 g/100 ml |
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Femme . . . . . . |
7,4 - 9,9 mmol/l |
12 -16 g/100 ml |
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Volume globulaire moyen . . . . . |
80 - 100 fl |
80 - 100 µm3 |
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Leucocytes . . . . . . . . . . . . . . . . |
4 - 9 x 10 9/l |
4000 - 9000 / mm3 |
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Plaquettes . . . . . . . . . . . . . . . . . |
150 - 400 x 10 9/l |
150 000 - 400 000 /mm3 |
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[Hémogramme] Cet examen biologique donne le nombre de globules. Pour les globules rouges, il ajoute leur proportion par rapport au sang total (hématocrite) la quantité d'hémoglobine qu'ils portent et leur volume. Pour les globules blanc, il précise la répartition de leurs différents types (formule leucocytaire). Seule la valeur absolue doit être prise en compte.
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FORMULE LEUCOCYTAIRE (Valeur normale chez l'adulte) |
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Granulocytes |
p.100 |
Taux absolus (giga/l) |
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- neutrophiles |
50 - 85 |
2,5 - 7,5 |
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- éosinophiles |
1 - 4 |
0,03 - 0,5 |
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- basophiles |
0 - 1 |
0,01 - 0,1 |
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Lymphocytes |
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20 - 40 |
1,5 - 4 |
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Monocytes |
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2 - 10 |
0,4 - 1 |
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l'hémogramme apporte d'autres informations sur les caractéristiques globulaires (taille, teneur en hémoglobine et en fer des hématies ; Tableau). Il renseigne sur des cellules et des fonctions essentielles à la vie qui sont souvent altérées chez les cancéreux, à cause du cancer ou des traitements. On peut observer une augmentation partielle ou globale des divers globules normaux ou plus souvent leur diminution, ainsi que des cellules anormales en cas de leucémie. Pour interpréter un hémogramme il faut confronter ses dif-férentes modifications au contexte clinique.
Synonyme de cancer du sang, ce terme regroupe leucémies aiguës et chroniques, lympho-mes, maladie de Hodgkin, myélomes, etc.
Crachement de sang venant de la trachée ou des bronches et pouvant révéler une tumeur maligne. Son abondance va de simples traces rouges dans les crachats que rejette habituellement un fumeur, jusqu'au rejet d'importantes quantités de sang lors d'efforts de toux (expectoration).
Effusion de sang en dehors des vaisseaux, c'est une complication fréquente des maladies cancéreuses. Des hémorragies surviennent chez 10% des cancéreux : une fois sur deux elles sont dues à un faible taux de plaquettes sanguines, une fois sur trois à la plaie d'un vaisseau (artère, veine ou capillaire) blessé par l'envahissement de la tumeur ou dans la tumeur elle-même, une fois sur dix à un trouble de la coagulation sanguine (coagulation intravasculaire disséminée) ; plusieurs facteurs sont parfois associés.
Le saignement anormal est un indice qui peut révéler une tumeur maligne : hémorragie superficielle ou extériorisation de sang issu d'une tumeur profonde : crachement de sang venant d'un ulcère de la bouche, de la gorge ou des bronches (hémoptysie), vomissement sanglant (hématémèse) signalant un cancer de l'estomac, hémorragie génitale à partir du col ou du corps de l'utérus, sang dans les selles, rouge ou noir (mélæna), venant d'une lésion du gros intestin (côlon) ou d'une autre partie du tube digestif, sang dans les urines (hématurie) révélant une tumeur urinaire ou de la prostate. Cette émission de sang inquiète d'ordinaire le patient suffisamment pour le faire consulter sans tarder un médecin.
L'hémorragie liée à la rupture d'un vaisseau est d'autant plus brutale que le vaisseau est plus gros : l'ulcération d'une artère carotide par un cancer du cou peut entraîner la mort en quelques minutes. Cet accident est prévenu par la ligature de l'artère en amont de la tumeur, si cela est possible sans désordre grave.
Une fragilité excessive des capillaires entraîne des hémorragies moins abondantes, parfois provoquées : on les observe au cours de cancers du col utérin, des bronches ou de l'estomac, de cancers ou de polypes du côlon, mais aussi de lésions bénignes comme les hémorroïdes. Elles peuvent être le premier symptôme qui conduit à consulter. Ces hémorragies se traduisent par une fatigue, une anémie ou sont totalement inapparentes : la recherche et la découverte de sang dans les selles par Hémoccult permettent de détecter de petits cancers, des polypes ou d'autres lésions qui ne sont pas cancéreuses; cette exploration simple permet de dépister le cancer du côlon.
Un taux anormalement bas de plaquettes (thrombopénie) entraîne des saignements du nez, des gencives, des effusions sanguines sous la peau, que l'on appelle selon leur taille purpura ou ecchymoses, plus rarement des hémorragies profondes ; une blessure peut saigner très longtemps. Au décours de traitements anticancéreux, la thrombopénie est en général de courte durée et peu dangereuse mais c'est un signe habituel des leucémies aiguës, responsable dans plus de 10% des cas de la mort des patients. La leucémie aiguë à promyélocytes s'accompagne toujours de thrombopénie et d'hémorragies diffuses.
Les troubles de la coagulation du sang sont plus rares. Les plus impressionnants accompagnent une coagulation intravasculaire disséminée aiguë, parfois la destruction rapide du caillot constitué de fibrine (fibrinolyse), ils sont exceptionnellement liés à la présence d'un anticoagulant qui circule dans le sang et qui bloque la coagulation normale.
Devant une hémorragie, le traitement doit être adapté à son origine : ligature d'un vaisseau qui saigne, compression prolongée d'une piqûre, d'une coupure, d'une zone saignant en nappe. La coagulation directe d'une tumeur qui saigne peut être réalisée par électro-coagulation, laser ou radiothérapie. La transfusion de plaquettes, des traitements s'opposant à la fibrinolyse, ont des indications précises dans d'autres cas. Enfin, il convient de ne corriger la perte sanguine que si celle-ci est importante et fort mal tolérée, par des transfusions de sang ou de globules rouges concentrées (culots globulaires).
Comprenant l'ensemble des phénomènes normaux qui arrêtent une hémorragie, l'hémostase est fréquemment perturbée chez les malades atteints d'un cancer. C'est une réaction complexe à laquelle participent les vaisseaux, les plaquettes (petits globules du sang) et le plasma sanguin (facteurs de coagulation). En cas de blessure, les artères et les capillaires se contractent ou se rétractent alors que les plaies veineuses restent béantes. Toute lésion de la paroi interne des vaisseaux, ou endothélium, déclenche une série de réactions particulières. Les plaquettes adhèrent à la zone où l'endothélium est blessé, s'agrègent les unes aux autres et forment en quelques secondes le " clou plaquettaire ". Le plasma sanguin, normalement fluide dans le vaisseau, réagit aussitôt : certaines protéines devenues actives déclenchent une cascade de réactions, dont le résultat est la formation de fibrine (à partir de fibrinogène) et d'un caillot qui obture la plaie : c'est la coagulation sanguine. Ce processus est alors bloqué par un deuxième système qui élimine les produits activés ou inhibe leur action et limite la taille du caillot. L'ensemble de ces phénomènes dure quelques minutes. La dernière phase dure quelques heures à quelques jours : la blessure du vaisseau et la brèche de sa paroi se réparent, le caillot se rétracte puis se dissout progressivement, mais pas toujours totalement (Figure).
Ce mécanisme délicat est souvent altéré chez les cancéreux et les troubles de l'hémostase sont responsables de 20% des morts. Les accidents les plus fréquents tiennent à une tendance exagérée du sang à coaguler et à la thrombose. Cette tendance est liée au cancer lui-même, en effet les cellules tumorales produisent des substances qui favorisent la coagulation du sang. Elle est liée aussi aux réactions de défense de l'organisme.

D'autres altérations facilitent l'hémorragie. La plus fréquente est la diminution des plaquettes. Elle est parfois due au cancer s'il envahit la moelle osseuse où elles sont produites, s'il séquestre les plaquettes, en favorise la consommation excessive ou la destruction (par des auto-anticorps). Elle est provoquée par certaines chimiothérapies alors transitoires ou par une radiothérapie étendue qui réduisent leur production. Ces altérations sont, en général, transitoires. Plus rarement s'observent des troubles de la fonction des plaquettes qui sont en nombre normal mais inefficaces.
D'autres troubles sont plus rares : accélération de la dernière phase de l'hémostase avec redissolution prématurée du caillot par destruction de la fibrine. Dans des cas particuliers, le fibrinogène, qui est le précurseur de la fibrine, peut être détruit (fibrinolyse) et des hémorragies très graves en résultent.
Dans le langage chirurgical courant, on " fait l'hémostase " quand on ligature les vaisseaux qui saignent au cours d'une intervention.
Henri-Becquerel (Centre)
Centre de lutte contre le cancer de Rouen, créé en 1962 par le Professeur R. Laumonier qui fut son premier directeur (jusqu'en 1985). Il a été ouvert en 1967, puis peu à peu agrandi. Avec une quarantaine de médecins, il comporte une unité principale d'hospitalisation de 130 lits avec les départements de médecine, d'hématologie* (avec une unité stérile), de chirurgie*, de radiothérapie*, les services de médecine nucléaire* et d'imagerie*, les deux unités étant séparées par une rue piétonne. Bâti à proximité du centre hospitalier régional, il fonctionne en collaboration étroite avec lui, spécialement pour l'hématologie* (maladies du sang), ainsi qu'avec le Centre de transfusion* sanguine. Il participe à l'enseignement* des professions médicales et paramédicales et aux recherches* cliniques et biologiques en cancérologie, en particulier en cytogénétique*, en oncologie* moléculaire, en hématologie et pour les greffes* de moelle*.
Anticoagulant naturel, particulièrement abondant dans le foie (d'où son nom) et les muscles, l'héparine est souvent utilisée. Elle empêche la formation de thrombine, enzyme qui apparaît dans le sang au moment de la coagulation et transforme le fibrinogène soluble en fibrine insoluble pour former un caillot, bloque son action et hâte sa destruction. Elle agit aussi sur d'autres réactions qui concourent à la coagulation, sur la clarification du sang, etc.
Elle est employée comme réactif, pour rendre incoagulable un échantillon de sang prélevé pour analyse. C'est un médicament chez les patients ayant, comme les cancéreux, une tendance exagérée à la coagulation qui les expose à des thromboses. C'est aussi l'un des meilleurs traitements des phlébites. Il s'administre en injection intraveineuse ou en perfusion continue. Des sels de l'héparine peuvent être injectés par voie sous-cutanée plusieurs fois par jour avec un effet semblable. L'héparine expose à des hémorragies et il faut en surveiller l'administration ; elle a un antidote, le sulfate de protamine, qui la neutralise rapidement en cas de surdosage.
La longue chaîne de la molécule d'héparine peut être fragmentée en éléments de poids moléculaire de l'ordre de 4 000 à 8 000. Ces fragments ont perdu leur effet antagoniste sur la thrombine mais bloquent d'autres réactions qui concourent à la coagulation ainsi qu'une substance, le facteur X activé. Sans exposer aux risques hémorragiques de l'héparine, ils gardent le pouvoir de prévenir les thromboses chez les alités et les opérés et de les guérir presque aussi bien que l'héparine.
Le foie peut être atteint par des infections dues à des bactéries, à des virus, à des champignons ou à des parasites. Chez un malade traité pour un cancer, l'infection virale est la plus fréquente : elle cause une hépatite mais il existe des hépatites d'autre origine, médicamenteuse ou auto-immune.
En parlant d'hépatite virale, on fait principalement référence aux hépatites A, B, delta et non A-non B au sein desquelles le virus C a une place prépondérante. Mais d'autres infections virales peuvent entraîner des hépatites (mononucléose infectieuse due au virus d'Epstein-Barr, infection à cytomégalovirus, herpès, varicelle, rougeole, rubéole et, en régions tropicales, fièvre jaune et dengue).
Les hépatites virales B et C, en devenant chroniques, favorisent le développement de cirrhoses puis de cancers primitifs du foie (hépatocarcinomes ; Figure). Chez des cancéreux, les hépatites virales A, B, delta ou non A-non B peuvent être particulièrement graves ou fréquentes, de même que l'hépatite C après transfusion.

Une hépatite est inapparente ou entraîne des troubles cliniques ; dans ce dernier cas elle a une évolution aiguë ou chronique. Les hépatites aiguës se caractérisent par un signe fondamental, la jaunisse (ou ictère, également rencontré en cas d'obstacle sur les voies biliaires). Un ictère par hépatite s'accompagne d'une augmentation de pigments biliaires, la bilirubine, dans le sang. Une hépatite se caractérise par une trace biologique qui traduit la destruction (nécrose) des cellules hépatiques : l'augmentation des transaminases dans le sang.
L'hépatite A est due à un virus dont l'acide nucléique est ribonucléique (ARN). Elle se transmet essentiellement par voie digestive, par l'intermédiaire de l'eau, des aliments, de mains souillées par les selles de sujets contaminés qui éliminent leur virus par l'intestin. Son évolution est aiguë et ne devient jamais chronique. Les formes inapparentes sont les plus fréquentes (80%). L'évolution est en règle bénigne, mais parfois mortelle.
L'hépatite B est due à un virus à ADN très résistant. La contamination se fait surtout par le sang et ses dérivés mais aussi par la salive et les sécrétions génitales ; elle survient ainsi par piqûre, blessure ou lésion cutanée ainsi que par voie sexuelle ou placentaire pendant la grossesse. Le virus B se multiplie dans les cellules hépatiques mais la nécrose cellulaire est liée à la réponse immunitaire de l'hôte : 90% des hépatites B sont inapparentes. Lorsqu'elle entraîne des signes cliniques aigus, une hépatite B se présente comme l'hépatite A. Un sujet infecté sur dix va faire une hépatite chronique agressive avec poussées d'ictère et d'asthénie et risque d'évolution fatale par insuffisance hépatique, cirrhose ou cancer primitif du foie. Le virus B paraît jouer un rôle direct dans la cancérogenèse en intégrant son ADN dans l'ADN de la cellule hépatique, alors que le virus delta et le virus C ne jouent pas ce rôle direct. La fréquence (prévalence) de cette infection chronique si redoutable varie selon les continents et les pays : endémie faible en France (0,1 à 0,5% de la population), forte en Asie et en Afrique sub-saharienne (10% de la population).
L'hépatite delta est due à un virus à ARN défectif, c'est-à-dire qu'il n'entraîne une maladie qu'en présence du virus B, en utilisant son enveloppe. Elle est transmise par le sang. L'infection simultanée par virus B et delta est moins grave que la surinfection par le virus delta d'un sujet déjà porteur du virus B. L'hépatite due à cette double infection virale expose particulièrement à la chronicité et à ses conséquences.
L'hépatite C est due à un virus à ARN identifié en 1989. Les modes de contamination sont ceux de l'hépatite B, mais la transmission sexuelle est faible. La fréquence (prévalence) de l'infection par le virus C est de 1% en France, 2% en Asie, 10% en Afrique. Elle évolue principalement sur un mode chronique avec les mêmes risques que ceux de l'hépatite B.
Le diagnostic de toutes ces hépatites repose sur des tests sérologiques spécifiques mettant en évidence dans le sérum des anticorps dirigés contre les antigènes des virus. La sérologie de l'hépatite B peut déceler dans le sang des particules virales (antigènes HBs et HBe) dont la présence signifie que l'infection évolue.
Le traitement ne s'adresse qu'aux formes chroniques des hépatites B et C : adénine-arabinoside ou adénine-arabinoside mono-phosphate, interféron alpha ne donnent que des résultats modestes. C'est dire tout l'intérêt de la prévention de ces infections, par les vaccinations contre les hépatites A et B et par l'élimination des donneurs de sang présentant des transaminases élevées et une sérologie positive pour l'hépatite B ou C. (Voir aussi Ginsberg*)
Voir Pesticide.
Pas plus qu'ils ne sont contagieux, les cancers ne sont héréditaires. Cependant divers facteurs prédisposant aux cancers sont héréditaires, au sens biologique ou culturel du mot.
Les facteurs biologiques héréditaires sont représentés par de rares états précancéreux susceptibles d'évoluer vers un cancer. Le plus caractéristique est la polypose rectocolique familiale : elle comporte de très nombreux polypes sur le gros intestin (côlon) dont la dégénérescence maligne est inéluctable vers 30-40 ans. L'ataxie-télangiectasie et la maladie de Recklinghausen sont aussi des affections héréditaires qui prédisposent à l'apparition de cancers, des lymphocytes pour la première, des nerfs pour la seconde. Il existe d'exceptionnelles atteintes familiales comme le syndrome de Li et Fraumeni où plusieurs sortes de tumeurs frappent les membres de la famille. D'autres caractères héréditaires rendent seulement vulnérables à un agent cancérogène, par exemple la couleur de la peau qui fait le phototype : selon que l'on hérite de ses parents d'être noir ou à peau claire, d'avoir les cheveux blonds ou roux, on est plus ou moins sensible à l'action des rayons du soleil, plus ou moins exposé à faire un mélanome malin de la peau.
La biologie moléculaire a identifié des gènes (oncogènes, anti-oncogènes) transmis par l'hérédité qui jouent un rôle favorisant ou défavorisant à l'origine des cancers. Le rétinoblastome, tumeur de l'œil touchant le jeune enfant, a permis de comprendre comment un parent privé de l'anti-oncogène Rb rend son enfant sensible à une autre influence qui va provoquer ce cancer. L'étude de ces gènes, de leur présence ou de leur absence dans une famille ne fait que commencer. Elle est compliquée par la multiplicité des gènes en cause et se trouve au contraire simplifiée au fur et à mesure que l'on élucide le rôle de chaque gène. Ces progrès sont à l'origine de l'oncogénétique dont l'objet est d'identifier des personnes à risques justifiant une surveillance ou un dépistage spécial et, dans les cas les plus marquants, de donner un conseil génétique à des familles particulièrement touchées : c'est le cas pour les agrégations de cancers du sein, du côlon, du corps de l'utérus, de l'ovaire et de la prostate. D'autres accumulations de cancers sont seulement dues à la convergence de facteurs aléatoires sans rapport avec l'hérédité : comme une personne âgée sur quatre environ développe un cancer, il est normal d'observer plusieurs cas de cancers dans une famille d'une certaine importance ; mais le cancer des bronches d'un gros fumeur, un cancer du sein, le mélanome d'un blond qui s'est trop fait bronzer et le cancer de la prostate d'un octogénaire n'ont aucune relation génétique et leur rapprochement ne suggère d'aucune manière un terrain héréditaire.
Certains traits culturels se transmettent aussi sûrement qu'un caractère biologique. L'alimentation par poisson séché et fumé au Japon, au Chili ou en Finlande, le mâchement de la chique de bétel en Inde, une hygiène génitale insuffisante dans un milieu défavorisé, le tabagisme dans les pays occidentaux sont des habitudes qui se perpétuent de parents à enfants et qui expliquent les cas d'un même cancer observés dans la même famille d'une même société.
Infection courante due à un virus, l'herpès est d'ordinaire bénin, mais il peut devenir grave chez un malade traité pour un cancer. Il existe deux types de virus herpès simplex : HSV1 et HSV2. Leur forme et l'organisation de leur acide désoxyribonucléique (ADN) sont similaires, 50% de leur ADN est identique mais ils se distinguent par leur pouvoir pathogène, leur épidémiologie et leurs manifestations cliniques habituelles, sur la peau ou sur les muqueuses.
Ces virus sont fragiles et ne peuvent être transmis que par contact direct cutané ou muqueux : baisers, mains contaminés par la salive, écorchures cutanées, rapports sexuels, accouchement... Après le premier contact (primo-infection) apparent ou non, le virus se multiplie au point d'inoculation, puis il peut diffuser par voie sanguine ou le long des nerfs. Après cette primo-infection, des récurrences surviennent volontiers, le plus souvent par réactivation du virus resté dormant (quiescent) dans un ganglion nerveux.
Les lésions habituelles de l'herpès sont des vésicules sur la peau ou les muqueuses. HSV1 infecte les lèvres (boutons de fièvre) ou la bouche et HSV2 les muqueuses génitales. L'un et l'autre sont également responsables de formes graves : infections oculaires, de la conjonctive et de la cornée (kérato-conjonctivites), encéphalites, infections du nouveau-né (dues essentiellement à HSV2), herpès des immunodéprimés.
Le virus herpétique se réactive dans toutes les situations de déficit immunitaire, notamment en cas de cancers, de transplantations d'organes, de sida. Les principales manifestations sont alors des lésions cutanées ou muqueuses étendues, capables à elles seules de menacer la vie, mais aussi des atteintes du poumon, du foie ou de l'encéphale. Le diagnostic de ces atteintes viscérales n'est pas facile. La biopsie de ces viscères profonds par ponction à l'aiguille est souvent nécessaire pour établir un diagnostic certain en présence du virus et de lésions tissulaires caractéristiques.
Une infection herpétique banale chez un cancéreux ne justifie pas de traitement particulier. Si elle est grave, elle doit être traitée par un antiviral très actif sur le virus herpétique, l'aciclovir injecté par voie veineuse, ou par le foscarnet en cas d'échec de l'aciclovir.
Les herpèsvirus sont des virus courants qui ont de nombreux rapports avec les cancers et les cancéreux. Leur famille comprend plus de 50 types de virus isolés dans la plupart des espèces vivantes. Six infectent l'homme : les virus herpès simplex, responsables de l'herpès (HSV dont il existe deux types) ; le virus de la varicelle et du zona (VZV) ; le cytomégalovirus (CMV) ; le virus d'Epstein-Barr (EBV) responsable de la mononucléose infectieuse (maladie bénigne de l'adolescent) et lié au lymphome de Burkitt ainsi qu'au cancer du nasopharynx; le sixième herpèsvirus humain (HHV6) cause chez le très jeune enfant une fièvre éruptive bénigne, l'exanthème subit ou sixième maladie, mais son rôle dans les tumeurs, le sida ou les infections opportunistes n'a pas été démontré. Il en va de même du HHV7 tandis que le HHV8 est en cause à l'origine de la maladie de Kaposi.*
L'acide nucléique de ces virus est désoxyribonucléique (ADN). Ils sont fragiles et se transmettent entre les individus par contact direct et par voie sanguine pour certains (CMV, EBV). Ils sont réunis par des caractères communs : le premier contact entraîne une primo-infection, qui s'accompagne de troubles cliniques ou est inapparente; des récidives éventuelles, ou récurrences, sont liées à une réactivation du virus vivant à l'état silencieux (latent) pendant de nombreuses années dans l'organisme et leurs signes cliniques diffèrent de ceux de la primo-infection. Ces manifestations pathologiques sont causées par des chocs affectifs, des facteurs hormonaux (règles par exemple), par les rayons ultraviolets à forte dose (au ski ou au bord de la mer). Elles s'exacerbent lors des déficits de l'immunité, notamment chez les sujets atteints de cancers du sang (leucémies aiguës et chroniques, myélome, maladie de Hodgkin et autres lymphomes), de sida ou après transplantation.
Chez l'animal, des herpèsvirus sont également à l'origine de cancers : chez la grenouille la tumeur de Lucké qui touche le rein, chez la poule la maladie de Marek où prolifèrent des lymphocytes.
Le cancer n'est pas une maladie simple, c'est un ensemble de maladies (il vaut mieux parler des cancers) hétérogènes à plusieurs titres. Il y a d'abord une variété entre les diverses sortes de cancers (selon l'organe qu'ils touchent, selon leur aspect microscopique, etc.), mais aussi entre ceux d'un même type d'un malade à un autre. Tous peuvent différer par le degré de différenciation, la vitesse d'évolution, l'extension tumorale, la radiosensibilité, etc. Il y a aussi une diversité au sein d'une même tumeur : les cellules qui la composent ne sont pas toutes cancéreuses ; la masse tumorale est aussi constituée de cellules du stroma (par exemple les vaisseaux ou vascularisation de la tumeur), de lymphocytes ou de certaines cellules normales, vestiges du tissu d'origine, sans parler de substances sécrétées ou de dépôts inertes. Il y a encore une diversité entre les cellules cancéreuses qui siègent en un même lieu anatomique, selon leur activité : certaines sont au repos, d'autres en activité et à différentes phases du cycle cellulaire ; quelques-unes, mal alimentées malgré les nouveaux vaisseaux (néovascularisation) qui accompagnent le développement tumoral, peuvent mourir (se nécroser) au centre d'une masse volumineuse.
Malgré leur origine à partir d'une seule cellule-mère et leur caractère monoclonal, les cellules d'un même cancer subissent, de façon variable selon les cas, le phénomène de progression tumorale qui fait apparaître des sous-populations cellulaires dotées de caractères nouveaux, allant dans le sens d'une plus grande malignité. Cette particularité explique l'hétérogénéité observée selon qu'on examine la tumeur primitive ou des foyers secondaires, des métastases. Celles-ci découlent de la greffe, à distance du foyer tumoral primitif, de cellules cancéreuses, plus malignes que celles développées au début du cancer, qui ont acquis les propriétés de se détacher du massif cellulaire initial, de migrer et de se fixer en un autre site. En plus de leur localisation, ces foyers métastatiques ont habituellement une évolution plus rapide, un caractère plus envahissant, une moins bonne chimiosensibilité, etc. Ces caractères peuvent différer d'une métastase à l'autre, pour le même cancer, chez le même individu.
Variété rare de tumeur graisseuse ou lipome qui reproduit les masses graisseuses des animaux hibernants.
Tumeur maligne exceptionnelle développée à partir des cellules d'une glande sudoripare de la peau. Encore appelé adénocarcinome sudoripare, l'hidradénocarcinome apparaît vers 60 ans, sur le visage, le cuir chevelu ou les extrémités des membres, comme un nodule qui peut s'ulcérer. Il se traite principalement par chirurgie.
Tumeur bénigne développée à partir des cellules d'une glande sudoripare de la peau.
Hippocrate (460-377)
Censé descendre du dieu de la médecine Esculape, premier grand médecin auquel on continue à se référer régulièrement, Hippocrate a consacré, avec ses élèves, de nombreuses pages des Écrits hippocratiques aux cancers. Il les désigne du mot karkinos qui signifie crabe et donnera " carcinome ". Les références les plus nombreuses concernent les cancers du sein et de l'utérus ; ils étaient les plus visibles ou facilement extériorisés par des saignements et parmi les plus fréquents chez des femmes jeunes à une époque où la longévité n'était pas celle d'aujourd'hui ; mais d'autres tumeurs sont citées : peau, estomac, gorge... Ces cancers sont expliqués par la théorie des humeurs qui prévaudra jusqu'au XVIIe siècle, qui persiste avec Broussais au début du XIXe, et qui ressurgit lorsqu'on prétend rattacher un cancer à des troubles psychologiques (psychogenèse). À côté du phlegme (lymphe), du sang et de la bile jaune produite par le foie, c'est la bile noire, ou atrabile, supposée produite par la rate, qui est tenue comme la principale responsable. Par exemple, l'arrêt des règles chez la femme mûre entraîne un engorgement du sang qui s'accumule dans les mamelles ou la matrice (utérus) et peut y provoquer un cancer. Ces déséquilibres humoraux sont favorisés par des troubles du tempérament, en particulier la mélancolie (qui veut dire précisément bile noire). Ils s'accompagnent de modifications du goût, d'une " bouche amère ". Hippocrate distingue tumeurs bénignes, tumeurs à malignité limitée ou squirrhes et tumeurs franchement malignes ou carcinomes. Les moyens thérapeutiques de l'époque sont limités. Hippocrate est opposé à l'extirpation sanglante, passablement problématique, ou même à la cautérisation, ces interventions risquant d'abréger la vie. Il propose plutôt des remèdes naturels : des recommandations diététiques visent à rétablir l'équilibre des humeurs. Localement l'application de divers emplâtres peut apporter du soulagement, de même que des fumigations à base d'ail, de fenouil ou d'huile, conduites au contact de l'utérus par un tube en roseau. Certains des principes justifiant ces mesures seront repris, jusqu'au xxe siècle, par des tenants de la médecine naturelle.
Hirohito (1901-1989)
Empereur du Japon, dernier chef d'État de la Seconde Guerre mondiale encore au pouvoir, Hirohito est nonagénaire lorsqu'il présente une tumeur du pancréas qui, à son âge, ne peut être traitée que quelques mois avant de l'emporter. Il s'agit d'un cas typique où le cancer apparaît comme la cause du décès d'une personne très âgée, sans beaucoup modifier son espérance de vie. Les détails de cette tumeur maligne ont été largement divulgués, ce qui a significativement contribué à réduire le tabou entourant encore, au Japon*, le diagnostic de cancer.
Voir Japon, Radioleucémie.
Voir Macrophage.
Tumeur bénigne dévelop-pée à partir de cellules du sang appelées histiocytes ou macrophages. Leur prolifé-ration est souvent mêlée à celle de cellules fibreuses ou fibroblastes, ce qui fait plutôt parler d'histiocytofibrome.
Tumeur maligne développée à partir d'histiocytes ou macrophages. Longtemps confondu avec certains lymphomes en raison de l'aspect trompeur des cellules, l'histiocytosarcome est une tumeur rare touchant surtout la peau, sous forme de lésions multiples. Son évolution spontanément très maligne peut être enrayée par une chimiothérapie.
Maladies rares caractérisées par une prolifération d'histiocytes, cellules du sang présentes dans les tissus et équivalentes des macrophages et monocytes. Certaines formes sont simplement des réactions à une infection, d'autres sont de véritables cancers qui évoluent de façon défavorable et sont irrégulièrement sensibles à la chimiothérapie.
On regroupe sous le nom d'histiocytose X la maladie de Hand-Schüller-Christian, la maladie de Letterer-Siwe et le granulome éosinophile d'abord décrits séparément. Elle touche avant quinze ans environ un enfant sur un million. Ces affections ont en commun des caractères cliniques (atteintes de la peau, des os et du sang) et anatomopathologiques (prolifération d'histiocytes contenant dans leur cytoplasme des granules particuliers dénommés corps X).
Tumeur développée à partir d'histiocytes ou macrophages contenant dans leur cytoplasme une substance abondante qui donne un aspect jaunâtre aux nodules tumoraux.
Voir Champignons.
Prévision de l'évolution (pronostic) établie à partir d'un fragment de tissu obtenu par une biopsie. À la différence du cytopronostic qui se fonde seulement sur l'aspect des cellules malignes pour prévoir l'évolution spontanée d'un cancer, l'histopronostic tient compte de l'aspect du tissu constitué par l'assemblage des cellules cancéreuses et d'autres cellules non malignes qui leur sont associées. Cette observation permet d'établir un degré de malignité ou grade, échelonné de I, le moins malin, à V, le plus malin. Avec d'autres facteurs relevés au bilan préthérapeutique, l'histopronostic contribue à élaborer le pronostic d'ensemble d'une tumeur pour adapter le traitement en conséquence. Son importance varie selon les tumeurs, décisive pour les sarcomes, plus modeste dans d'autres cancers comme ceux du sein, et selon les autres éléments pronostiques.
Hitler (Adolf, 1889-1945)
Dès sa prise de pouvoir, en 1933, Hitler ne cesse de se plaindre de maux d'estomac et de troubles de la digestion. Il manifeste une cancérophobie qui a probablement son origine dans le cancer du sein dont est morte sa mère. Il consulte de nombreux médecins, mais refuse les examens radiographiques qui lui sont proposés. Souffrant de gêne pour parler à la suite de ses nombreux discours, il consulte un médecin ORL et on lui extirpe un polype des cordes vocales, mais il craint un cancer du larynx. Il sera soulagé de ses appréhensions par un médecin qui défend la théorie de la " dysbactérie " et lui fait prendre des colibacilles isolés des selles de robustes paysans bulgares, des yaourts et de nombreux médicaments. Il mourra sans avoir développé de cancer connu, à un âge où les cancers ne sont pas encore très fréquents.
Hodgkin (Maladie
de)
Décrite par le médecin anglais Thomas Hodgkin en 1832, c'est un cancer des ganglions lymphatiques. Son traitement a bénéficié depuis 1960 d'importants progrès qui ont été largement diffusés et ont servi de modèle en cancérologie, grâce à une collaboration internationale de grande envergure. Ces avancées laissent persister deux échecs relatifs : on ignore encore la nature de la cellule de Sternberg caractéristique de cette maladie ; la survie ne s'est guère améliorée depuis 1980 (la mortalité reste élevée dans certains groupes de patients et les traitements eux-mêmes favorisent l'apparition d'un cancer secondaire ou une complication cardio-pulmonaire).
Le diagnostic et la classification anatomopathologique reposent sur la présence simultanée de cellules de Sternberg (cellule rare) et d'un environnement cellulaire caractéristique, fait de lymphocytes et de granulocytes, qui a valu à la maladie son nom de " lymphogranulomatose maligne ". On distingue quatre variétés de fréquence inégale : 6% à prédominance lymphocytaire, 66% de sclérose nodulaire, 26% de cellularité mixte, 2% de déplétion lymphocytaire. La maladie de Hodgkin apparaît donc comme un " syndrome " anatomopathologique, peut-être une réaction tissulaire commune à des causes différentes. Chez certains patients on a trouvé des traces du virus d'Epstein-Barr dans les cellules de Sternberg.
La maladie de Hodgkin est moins fréquente (moins de 5 cas par an et par 100 000 habitants) que les autres lymphomes. Elle est exceptionnelle avant cinq ans, se voit dans l'enfance et l'adolescence mais surtout entre 20 et 40 ans ; un deuxième pic de fréquence s'observe après 60 ans. Les formes à sclérose nodulaire surviennent chez des sujets plus jeunes, souvent des femmes, avec une atteinte supérieure du thorax : l'atteinte des ganglions du cou et du médiastin est le mode de révélation le plus fréquent. Dominant chez les sujets les plus âgés, les formes à cellularité mixte épargnent souvent le médiastin et atteignent la rate et les ganglions de l'abdomen ; leur risque de dissémination au foie, aux poumons et à la moelle osseuse est plus élevé.
Le bilan précédant le traitement doit s'assurer que l'atteinte est seulement ganglionnaire ou déterminer, grâce à un ensemble de facteurs pronostiques, le risque que l'affection se soit déjà généralisée et nécessite donc une chimiothérapie. La radiographie thoracique montre les ganglions du médiastin et la lymphographie ou la scanographie* ceux de l'abdomen*. La vitesse de sédimentation est le test biologique le plus sûr. L'exploration chirurgicale de l'abdomen par laparotomie, beaucoup faite dans les années 1970, n'est plus nécessaire.
Au terme de ce bilan chaque maladie est classée en stade localisé ou disséminé. Les stades localisés peuvent être guéris par radiothérapie seule ou avec une chimiothérapie complémentaire pour les cas les plus graves. Dans les maladies disséminées les rôles sont inversés : la chimiothérapie est prépondérante et la radiothérapie peut être utile en complément. L'irradiation guérit depuis longtemps les maladies de Hodgkin atteignant seulement les ganglions. C'est un Français, Gilbert*, qui a proposé dès 1925 la technique des " grands champs " reprise ensuite à plus large échelle par Kaplan et Tubiana. Les progrès techniques ont permis d'utiliser de hautes énergies, en particulier les photons de 10 à 25 MV des accélérateurs linéaires avec une sécurité inconnue jusqu'alors, pour distribuer des doses de l'ordre de 40 grays (Gy). Les stades disséminés relèvent de différentes chimiothérapies. On utilise généralement des associations : le MOPP (chlorméthine, vincristine, procarbazine, prednisone), utilisé dès 1965, est remplacé par des associations aussi efficaces et moins toxiques combinant une anthracycline, de la bléomycine, de la vinblastine. Le taux élevé de guérison conduit à une " désescalade thérapeutique " pour réduire la toxicité immédiate et retardée du traitement.
La guérison est en effet obtenue dans 90% des formes localisées, les plus nombreuses, et plus de 60% des formes disséminées. Cependant les sujets guéris présentent, dans 5 à 10% des cas selon l'importance du traitement, des complications tardives dont certaines entraînent la mort. Ces complications sont dominées par un deuxième cancer (leucémie aiguë myéloïde ou tumeur solide) ou un accident cardio-vasculaire (infarctus du myocarde). La toxicité sur les gonades a un impact psychologique important chez une personne jeune quand elle entraîne une stérilité. Une cryopréservation de sperme s'impose avant une chimiothérapie.
En somme les excellents résultats actuels conduisent à limiter les explorations et les traitements à ce qui est strictement nécessaire dans chaque cas suivant son pronostic, pour préserver la qualité de vie des malades, sans compromettre les chances de guérison.
Voir aussi Journal
intime, Dinu Lipatti, Mœrtel. Patrice Carde.
Hodgkin (Thomas, 1798-1866)
Ce médecin et anatomo-pathologiste anglais a donné en 1832 la première description de la maladie qui reçut son nom en 1865 et allait bénéficier, un siècle plus tard, de progrès décisifs, stimulant les recherches sur les thérapeutiques anticancéreuses. Issu d'une modeste famille de quakers (son père, enseignant cultivé est allé en France au début de la Révolution), il reçoit une éducation soignée, ouverte sur les sciences, puis fait un stage d'apothicaire avant d'entamer ses études de médecine. Il séjourne à Paris auprès de Laennec (avec qui il parle en français, ou en latin devant les malades) dont il importe le stéthoscope à Londres, avant de recevoir son diplôme de médecin à Edimbourg. Deux ans plus tard, à 27 ans, après avoir voyagé en Italie, en Suisse et en France, il devient professeur et conservateur du musée anatomique du Guy's Hospital de Londres. Il y développe la méthode anatomoclinique, confrontant les données cliniques avec celles de l'autopsie complétée par l'examen des tissus au microscope. C'est ainsi qu'il identifie la maladie qui devait porter son nom à partir de sept cas d'adénopathies qu'il présente à la Medico-Chirurgical Society. Sa brillante carrière de pathologiste est interrompue en 1837 à la suite d'un différend avec le trésorier de l'hôpital qui lui fait préférer un obscur médecin pour un poste qu'il avait brigué. Il démissionne alors de toutes ses fonctions officielles pour se tourner vers la pratique privée.
Cette deuxième partie de son existence est dominée par de multiples activités pour la défense des droits de l'homme, fondées sur des convictions religieuses bien établies. Il avait écrit, dès vingt ans, un Essai sur la promotion de la civilisation et pris position en faveur des Indiens et des Esquimaux du Canada, contre le trésorier du Guy's Hospital. Il s'engage en faveur des classes anglaises défavorisées pour améliorer leurs conditions d'hygiène et de logement, mais ses principales interventions ont lieu en faveur des Noirs Américains et des Juifs en terres musulmanes. Aux États-Unis, le mouvement nationaliste noir devient très actif dans la décennie précédant la Guerre de Sécession. A l'opposé de ceux qui œuvrent en faveur d'une égalité des droits en Amérique, Hodgkin prend position pour un retour en Afrique en une terre plus libre que le Liberia qui vient de proclamer son indépendance (en 1847) et il favorise une expédition de reconnaissance de la vallée du Niger. Son amitié pour Sir Moses Montefiore, personnage influent de la communauté israélite d'Angleterre, le conduit à l'accompagner, entre autres, en Terre sainte pour visiter des colonies juives, à Constantinople pour obtenir du sultan une protection des non-musulmans en Syrie, au Maroc pour rencontrer le souverain chérifien qui proclame un édit de tolérance. Au cours d'un dernier voyage en Terre sainte il est terrassé par une dysenterie et inhumé dans le cimetière protestant de Jaffa. Son ami Montefiore y fait ériger une stèle en granit venant d'Aberdeen où il grave : " Homme distingué par ses talents scientifiques, ses capacités médicales et sa philanthropie à laquelle il se sacrifia. " Nul doute qu'à la fin du xxe siècle, il aurait milité pour une médecine humanitaire et combattu pour libérer les cancéreux de la malédiction et de l'exclusion sociale dont ils souffrent trop souvent.
Plusieurs membres de cette famille princière allemande présentent à la fin du XIXe siècle des cas de cancers, amplifiés par la rumeur*, à une période où le caractère héréditaire ou contagieux des tumeurs est soutenu par quelques observations. Si le cancer du sein de l'impératrice Frédérique, mère de Guillaume II, peut être rapproché d'une tumeur similaire observée chez sa propre mère, les autres cas, notamment un cancer du larynx chez le père de Guillaume II, n'ont aucune relation et correspondent seulement à des coïncidences.
La médecine holistique prend en charge la totalité de la personne, avec sa maladie, ses autres caractères et son entourage. C'est le principe de tout exercice médical, qui remonte à Hippocrate. Cependant le développement des techniques médicales, dans la deuxième moitié du xxe siècle, expose à un morcellement du patient et conduit à rappeler que sa prise en charge ne saurait être fragmentée et doit rester globale. La médecine holistique est parfois abusivement revendiquée par des soignants exerçant des pratiques marginales, ni éprouvées, ni prouvées.
Bernard Hœrni.
Conception thérapeutique fondée par le médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843) à la fin du XVIIIè siècle, sur la base de doses très faibles de médicaments. Considéré comme une " médecine douce ", l'homéopathie ne revendique aucune place pour le traitement de maladies " dures " comme les cancers. Elle propose seulement certains traitements pour soulager les patients de certains symptômes ou pour réduire la toxicité de certains traitements avec des résultats qui n'ont jusqu'à présent pas été sérieusement évalués.
Bernard Hoerni.
Ce mot a été forgé en 1929 par le biologiste américain W.B. Cannon (1871-1945) pour désigner des mécanismes régulateurs qui maintiennent constant le " milieu intérieur " de l'organisme défini par le physiologiste français Claude Bernard* (1813-1878) et son équilibre que dérangent les cancers. L'homéostasie assure la stabilité de la température, la teneur du sang en sucre (glycémie), ou en calcium, la tension artérielle, etc. Cette régulation maintient aussi l'équilibre des différents organes une fois la croissance achevée. Elle se trouve compromise par les cancers qui y échappent et leurs cellules qui se reproduisent en excès, sans freins. Cette prolifération excessive et indéfinie, du moins spontanément et jusqu'à la mort du malade, correspond parfois à une stimulation anormale des reproductions cellulaires, par des facteurs de croissance, sous le contrôle des oncogènes. Elle peut aussi résulter d'une abolition de la sensibilité des cellules à des messages biologiques (hormones) qui freinent les divisions cellulaires. En somme un cancer est caractérisé par l'acquisition, par rapport à l'homéostasie, d'une autonomie qui rompt l'équilibre habituel.
Synonyme d'allogreffe.
La vie génitale et la sexualité jouant un rôle à l'origine de certaines tumeurs, il n'est pas étonnant que l'homosexualité ait des relations avec les cancers.
Chez la femme l'homosexualité prédispose aux cancers du sein qui sont deux à trois fois plus fréquents que chez les femmes hétérosexuelles (
voir M. Yourcenar). Cette prédisposition dépend de l'absence ou de la rareté des grossesses ainsi que d'une consommation de tabac et d'alcool plus élevée.
Chez l'homme le sida est la principale cause de divers cancers observés chez les homosexuels plus que dans le reste de la population. Les lymphomes malins sont les plus fréquents. La maladie de Kaposi s'observe beaucoup plus chez les homosexuels que chez les autres personnes infectées par le VIH. Par ailleurs la sodomie favorise l'apparition de cancers de l'anus.
Voir aussi Ginsberg*
Homovanillique (Acide)
Voir Acide homovanillique.
Protéine fabriquée en Angleterre par le Standard Laboratories United à partir d'urine humaine et conseillée dans les cancers inopérables ou comme traitement adjuvant des thérapeutiques classiques. Elle aurait une action sur les enzymes de la tumeur et du foie. Mis au point dans les années 1940, ce produit a été présenté sous forme scientifique avec des publications médicales élogieuses mais marginales. Des expertises en Grande-Bretagne et aux États-Unis ne lui ont reconnu aucune efficacité.
Ces secousses incontrôlées et répétées du tronc, liées à un spasme du muscle diaphragme, s'observent parfois de façon prolongée et désagréable chez un malade atteint de cancer. L'origine du hoquet est le plus souvent une lésion située au voisinage du diaphragme et qui l'irrite : tumeur*, distension, inflammation. Sa prolongation, voire son caractère permanent peuvent entraîner un inconfort majeur. Le meilleur traitement est celui de sa cause. De petits moyens (blocage de la respiration, vinaigre sur un morceau de sucre...) sont parfois efficaces, de même que des médicaments, mais il arrive que le hoquet soit rebelle et compromette sérieusement la qualité de vie.
Substances qui présentent en commun un mode de production et un mécanisme d'action caractéristiques, les hormones ont de nombreux rapports avec les cancers. Produites (synthétisées) chacune par des types de cellules hautement spécialisées dites " endocrines ", elles sont déversées (sécrétées) dans la circulation sanguine, détectées et retenues uniquement par les tissus sur lesquels elles doivent agir (tissus cibles), seuls capables de les reconnaître et de répondre à leur signal.
Les hormones sont produites au niveau de tissus organisés en glandes endocrines (hypophyse, thyroïde, parathyroïde, surrénales, ovaires, testicules) ou au niveau d'îlots cellulaires localisés dans d'autres organes (pancréas ou tube digestif). Ce sont des molécules de nature protéique comme l'insuline, ou non comme la cortisone. La quantité produite est régulée de telle sorte que le taux sanguin de chaque hormone est maintenu constant et s'adapte aux besoins. Ces taux sanguins sont très faibles, de l'ordre de 10-9 à 10-12 g/l que seules les cellules cibles sont capables de détecter grâce à des structures moléculaires particulières dites " récepteurs ".
Les hormones peuvent être assimilées à des signaux qui permettent aux organes distants les uns des autres de fonctionner en harmonie. Elles contrôlent les fonctions vitales (digestion, tension artérielle, fonctions hépatiques et rénales...). Elles conditionnent le développement de l'organisme et les fonctions de reproduction. Certaines sont indispensables à la vie (insuline, cortisone, etc.).
Depuis quelques années on inclut dans la famille des hormones deux types de substances qui sont aussi indispensables à la vie et agissent au niveau de leurs cellules cibles par des mécanismes moléculaires similaires mettant en jeu des récepteurs : ce sont d'une part les facteurs de croissance produits par de très nombreux tissus de l'organisme et actifs sur place, d'autre part les vitamines (vitamine A, vitamine D...) qui jouent un rôle crucial dans les mécanismes de prolifération et différenciation cellulaire et de développement en général.
Les nombreuses interférences entre cancer et hormones tiennent à la nature même du cancer et au rôle habituel des hormones. D'une part les cellules tumorales prolifèrent de façon excessive et produisent des substances qui altèrent les tissus voisins, d'autre part les hormones et les facteurs de croissance ont un rôle majeur dans la régulation de la prolifération et des fonctions spécialisées de cellules.
Si les cellules tumorales sont encore sensibles aux hormones et capables de répondre à leurs signaux, on peut utiliser des hormones appropriées pour freiner la croissance tumorale. C'est le cas du cancer du sein et du cancer de la prostate.
Les hormones naturelles ne provoquent pas la formation de tumeur, même si elles sont produites ou administrées en quantités importantes. En raison de leur formule chimique, certaines hormones de synthèse peuvent se lier à l'ADN des cellules sur lesquelles elles agissent et y imprimer des lésions irréversibles qui faciliteront la cancérogenèse. C'est par un mécanisme de cet ordre que l'on pourrait sans doute expliquer l'effet cancérogène imputé au diéthylstilbœstrol (
voir Œstrogènes) et au tamoxifène dans certaines circonstances.
L'effet d'un agent cancérogène sur un tissu dépend de l'état physiologique dans lequel celui-ci se trouve : le risque cancérogène est d'autant plus grand que les cellules prolifèrent activement. De façon indirecte les hormones peuvent donc diminuer ou augmenter ce risque suivant qu'elles freinent ou stimulent la prolifération cellulaire du tissu exposé.
Des tumeurs des glandes ou tissus endocrines peuvent se produire. Suivant la nature de chaque tumeur, les hormones peuvent être produites en quantité variable (nulle ou en excès) ou sous une forme plus ou moins active.
Voir Chimioprévention.
C'est l'utilisation d'hormones dans le traitement des cancers. Après la première ovariectomie (castration) faite par le chirurgien anglais Beatson* (1848-1933) en 1896, elle a longtemps été utilisée de façon empirique.
On inclut également sous ce terme d'autres moyens, médicaux ou chirurgicaux, qui permettent de modifier l'activité hormonale. De grands progrès ont été réalisés au cours des vingt dernières années, liés à la découverte du mécanisme d'action des hormones par Jensen et à la production d'hormones et antihormones de synthèse.
Les hormones contrôlent la fonction et le développement des organes que l'on appelle cibles, caractérisés par la présence de récepteurs cellulaires spécifiques pour les hormones et toute une machinerie qui leur permet d'exprimer la réponse à l'hormone. Les tumeurs développées dans ces tissus conservent à des degrés divers leur sensibilité aux hormones que l'on peut évaluer par la mesure de leur contenu en récepteurs. Dans ce cas, l'objectif de l'homonothérapie est la suppression de l'activité hormonale qui entretient la prolifération.
Chez la femme, le cancer du sein est la tumeur la plus fréquente et celle dont l'évolution est le plus manifestement influencée par les hormones, en particulier les œstrogènes. Chez l'homme le cancer de la prostate dépend, lui, des androgènes, c'est-à-dire les hormones masculines. Les traitements hormonaux auront donc pour but dans un cas la suppression de l'activité des œstrogènes, dans l'autre celles des androgènes. On peut y parvenir en intervenant aux différentes étapes biologiques de l'action des hormones depuis leur production jusqu'à l'effet sur le tissu cible. En voici les principes qui s'appliquent au cancer du sein de la femme et qu'il suffit de transposer chez l'homme pour le cancer de la prostate.
1. Suppression des organes endocrines qui produisent des œstrogènes. L'ovariectomie supprime la source majeure d'œstrogènes avant la ménopause. Mais les surrénales (glandes situées au dessus des reins) en produisent également des quantités non négligeables. La surrénalectomie bilatérale n'est plus guère pratiquée aujourd'hui.
2. Suppression des stimulines de l'hypophyse qui contrôlent l'activité des ovaires (gonadotrophines) et des surrénales (ACTH). L'ablation chirurgicale ou l'inactivation de l'hypophyse par irradiation (yttrium) ne sont plus utilisées. Des moyens médicaux permettent d'obtenir des freinations sélectives des stimulines. Pour la freination des gonadotrophines, certains dérivés androgéniques ont été utilisés. On dispose actuellement d'une forme synthétique de l'hormone qui régule la production des gonadotrophines dans les conditions physiologiques (LHRH) dont l'administration inhibe la production des gonadotrophines et provoque un effet de castration. Des dérivés de synthèse de la famille de la cortisone freinent la production d'ACTH et par ce mécanisme celle des hormones surréna-liennes.
3. Les hormones surrénaliennes et ovariennes sont synthétisées à partir du cholestérol par toute une chaîne de réactions enzymatiques. L'administration de substances qui bloquent spécifiquement certaines de ces réactions intermédiaire empêche complètement la production des hormones stéroïdes pendant toute la durée du traitement.
4. Certaines hormones peuvent s'opposer aux effets d'autres hormones, chacune exprimant cependant son activité par l'intermédiaire de ses propres récepteurs. Par exemple les androgènes et les progestatifs s'opposent par différents mécanismes à l'activité des œstrogènes. Inversement les œstrogènes s'opposent à l'activité des androgènes.
5. Les anti-hormones empêchent l'action de l'hormone en se substituant à elle dans le complexe hormone-récepteur dans la cellule cible. Leur utilisation thérapeutique constitue un important progrès, en efficacité et en tolérance pour les malades. C'est ce qui explique qu'elle ait supplanté les traitements hormonaux traditionnels. L'efficacité réelle du traitement dépend de plusieurs facteurs : si l'antihormone a une affinité plus faible que l'hormone pour le récepteur elle sera peu efficace ; les antihormones peuvent induire des effets hormonaux partiels. Un antiœstrogène, le tamoxifène, est très utilisé dans le traitement du cancer du sein. Des molécules antiandrogènes sont utilisées dans le traitement du cancer de la prostate.
Hortense (de Beauharnais ou la Reine Hortense, 1783-1837)
Fille d'Alexandre et Joséphine de Beauharnais, elle est mariée, en 1802, contre son gré par son beau-père, Napoléon Bonaparte, à Louis Bonaparte qui va être roi de Hollande de 1806 à 1810. Elle en a trois fils dont le dernier deviendra Napoléon III, avant de se séparer de Louis lors de son abdication pour avoir, par une liaison avec un écuyer de l'empereur, le duc de Flahaut, un quatrième fils, le futur duc de Morny. Frappée d'un cancer de l'utérus, elle fait venir, au château d'Arenenberg (Thurgovie) où elle s'est retirée après la Restauration, le chirurgien français Jacques Lisfranc de Saint Martin (1790-1847). Ce dernier qui a décrit l'amputation du pied au niveau de l'articulation qui prend son nom, a acquis une grande renommée dans les maladies de l'utérus. Après avoir vu, en avril 1837, l'illustre patiente, il refuse d'intervenir en déclarant : " Si la chirurgie est brillante quand elle opère, elle l'est bien davantage lorsque, sans faire couler le sang et sans mutilation, elle obtient la guérison du malade. " Sa sage abstention est en réalité justifiée par le caractère inopérable d'une tumeur qui emportera la patiente peu après.
Les cancers sont des maladies graves qui nécessitent un traitement proportionnellement important. Plus encore que le diagnostic, ce traitement impose habituellement une hospitalisation, d'abord pour le bilan préalable (préthérapeutique), puis pour la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie ou une autre méthode spécialisée. Après cette prise en charge, les soignants hospitaliers amorcent la convalescence du malade et contribuent à son éducation pour favoriser sa réadaptation ou l'apprentissage de soins comme ceux des stomies.
Un milieu hospitalier se justifie d'autant plus qu'un sujet atteint de cancer nécessite le plus souvent une concertation pluridisciplinaire et l'avis de plusieurs spécialistes que seul l'hôpital peut réunir. C'est à cette nécessité qu'a répondu, en 1945, l'établissement en France de centres de lutte contre le cancer dont le fonctionnement est reproduit dans d'autres pays et au sein d'autres structures hospitalières, publiques ou privées.
L'évolution des traitements et de la prise en charge des malades conduit cependant à réduire de plus en plus les hospitalisations, en nombre et en durée, tandis que se multiplient les prises en charge ambulatoires. On a aussi développé des hôpitaux de jour ou de semaine où les obligations auxquelles sont astreints les patients sont limitées au minimum. L'hospitalisation reste néanmoins nécessaire pour des malades fatigués, pouvant difficilement se déplacer, pour des explorations complexes ou pour des traitements importants, anticancéreux ou non spécifiques (anti-infectieux, antalgiques, etc.). Elle est également requise en cas d'urgence.
Sous des pressions économiques et sociales s'est organisée, depuis les années 1970, l'hospitalisation à domicile qui permet de réunir, autour du malade et chez lui, les présences médicales et paramédicales et les soins nécessaires. Le nombre d'admissions a doublé en France dans la décennie 1980-90.
Loin des hospices d'autrefois, l'hospitalisation s'est assouplie et diversifiée pour améliorer les services rendus, en complémentarité avec d'autres modes de prise en charge et en préservant mieux l'autonomie des malades.
Un des plus anciens hôpitaux de Paris, à proximité de Notre-Dame, reconstruit dans sa forme actuelle à la fin du XIXe siècle, l'Hôtel-Dieu va abriter au début du xxe siècle un des premiers services de cancérologie, organisé sous la direction de Henri Hartmann. Cette spécificité a été atténuée par l'absence d'un service de radiothérapie en son sein. L'Hôtel-Dieu a été à l'origine de l'assistance aux malades entre les deux guerres mondiales et a vu se développer une des premières unités de soins palliatifs en France, dans les années 1980.
Houppeville (Guillaume de)
Chirurgien français qui publie en 1693, à Rouen, un ouvrage sur La Guérison du cancer du sein. Il distingue tuberculose et carcinome et rattache ce dernier à une vie triste et malheureuse, comme en avait connue la reine Anne d'Autriche morte un quart de siècle plus tôt. Il souligne que les malades préfèrent refuser leur mal (négation), en taire le nom et le cacher jusqu'à un stade où on ne peut plus guère le traiter. Dans les cas où la tumeur est reconnue assez tôt, Houppeville reprend les recommandations de Celse et défend l'amputation du sein, non sans prudence et réserves, malgré les souffrances provoquées par une telle opération.
Voir Scanographie.
Le virus HTLV-I (Human T-Cell Leukemia Virus type I), découvert par Poiesz en 1980 et identique au ATLV (Adult T-Cell Leukemia Virus) décrit par Miyoshi en 1981, est l'agent responsable d'un lymphome à lymphocytes T de l'adulte (ATL) particulièrement abondant au Japon. Plus récemment, on a découvert qu'il s'accompagnait aussi d'atteintes de la moelle épinière avec paralysies. Cependant, l'infection par ce virus reste le plus souvent muette.
Ce virus est largement répandu et se trouve à l'état endémique dans une grande partie du monde, en particulier dans des zones à climat tropical ou subtropical. La zone d'endémie initialement reconnue est la région Sud du Japon où la fréquence (prévalence) de l'infection dépasse 25% dans certains cantons. La prévalence de l'infection est également élevée en Afrique tropicale et subtropicale, dans la zone Caraïbe, aux Antilles françaises et en Amérique du Sud. Dans ces régions, comme aux États-Unis ou en Europe, il existe des populations à risque ; ce virus se transmet à peu près comme celui du sida (VIH : sang, voie sexuelle, mère-enfant) et on peut craindre qu'en l'absence de mesures efficaces, la prévalence de l'infection augmente et que le virus devienne endémique dans des régions où il est encore rare. En Europe, le nombre de lymphomes associés au HTLV-I n'est pas négligeable ; la maladie atteint principale-ment des personnes ayant résidé dans des zones d'endémie, mais aussi des voyageurs. La prévalence du HTLV-I est relativement élevée en Italie, en Espagne et au Portugal. Hors les groupes à risques, la prévalence estimée du HTLV-I en France métropolitaine, dans la population générale ne dépasse pas à l'heure actuelle 0,007%.
Comme le virus de la leucémie des bovins dont il est proche, le HTLV-I est exogène, c'est-à-dire qu'il ne présente aucune séquence d'acide nucléique d'origine cellulaire. Comme les autres rétrovirus, il possède les trois gènes indispensables à la synthèse de ses protéines de structure (gag, pol, env). L'extrémité du génome, du côté env, code pour trois protéines non structurales dont l'une, " Tax ", contrôle l'expression virale et interfère avec le métabolisme cellulaire en stimulant de nombreux gènes. Elle joue probablement un rôle dans l'immortalisation des cellules infectées et donc dans l'apparition du lymphome. La dérégulation des gènes déstabilise vraisemblablement le génome expliquant de nombreux remaniements des chromosomes. Le rôle du HTLV-I dans la maladie nerveuse est plus difficile à expliquer : la protéine Tax libérée par des lymphocytes infectés serait toxique sur les cellules nerveuses.
L'ATL se manifeste par une augmentation des ganglions lymphatiques (adénopathies), une augmentation du foie (hépatomégalie) et des lésions de la peau. Une hypercalcémie est fréquente. Le nombre de lymphocytes dans le sang est augmenté : ils sont anormaux avec un noyau profondément échancré à plusieurs lobes (" cellules-fleurs "). La maladie est rapidement fatale, généralement par des infections opportunistes (rôle immunosuppresseur du virus ?). L'affection nerveuse liée au HTLV-I est une paralysie des membres inférieurs (paraplégie) de l'adulte (le plus souvent de la femme) qui s'aggrave progressivement. Les deux maladies surviennent généralement 20 à 30 ans après l'infection virale.
Deux virus voisins du HTLV-I ont été isolés : un autre virus humain, le HTLV-II pour lequel aucune maladie associée n'a été décrite et un virus du singe le STLV-I.
Huggins (Charles Brenton, 1901-1992)
Chirurgien américain travaillant à Chicago qui met en évidence l'intérêt du traitement hormonal du cancer de la prostate. Soutenant au début des années 1940, après des études sur cette tumeur chez le chien, qu'il dépend de l'hormone mâle ou testostérone produite par le testicule, il propose d'abord la castration, qui en enlevant les testicules supprime la source de testostérone – les résultats observés chez les huit premiers malades castrés sont publiés en 1941 – , puis l'administration d'hormone femelle antagoniste, le stilbœstrol et le diéthylstilbœstrol. Cette hormonothérapie entraîne des rémissions souvent spectaculaires et prolongées. Cette découverte sera distinguée par le prix Nobel de médecine qu'Huggins partage en 1966 avec P. Rous.
Huguenin (René, 1894-1955)
Né à Reims, R. Huguenin fait ses études de médecine à Paris et décide de se consacrer à la cancérologie en faisant des autopsies de tumeurs bronchiques dans le laboratoire du Professeur G. Roussy. Il devient directeur de l'Institut du Cancer de Villejuif en 1946 puis professeur titulaire de la chaire de Cancérologie médicale et sociale de la Faculté de médecine de Paris. Il est responsable de la création à Saint-Cloud d'un nouveau centre de lutte contre le cancer qui prendra son nom et ouvrira en 1959. Il est le père de l'écrivain Jean-René Huguenin.
Hume (David, 1711-1776)
Philosophe et historien écossais, empiriste et utilitariste, qui a tenu le journal de sa maladie à la fin de sa vie. Il présente des ennuis de santé persistants et qui s'aggravent. Il consulte de nombreux médecins – dont le fameux Pringle qui s'est illustré dans l'étude des infections et des maladies chez les soldats – dont aucun ne réussit à identifier l'origine de ses troubles, faute de l'examiner. À l'époque, les médecins se contentent d'écouter les plaintes des malades, d'observer leur aspect extérieur et leur comportement, de leur prendre le pouls, d'inspecter enfin les matières rejetées (urines, selles, pus, sang, etc.) sans procéder à un examen clinique. C'est finalement le célèbre chirurgien John Hunter, rencontré accidentellement, qui l'examine complètement, constate une augmentation de son foie et porte le diagnostic de tumeur du foie, probablement secondaire, dont il mourra.
Substances liquides de l'organisme dont le dérangement explique, à partir d'Hippocrate, les maladies et notamment les cancers. On distinguait quatre humeurs principales : le phlegme ou lymphe, le sang, la bile jaune produite par le foie et la bile noire censée être produite par la rate. C'est cette dernière ou atrabile qui était rendue responsable des cancers. Un glissement s'opérera des humeurs à l'humeur et de l'atrabile à la mélancolie (qui veut aussi dire bile noire). Galien écrit que " les femmes d'humeur mélancolique " ont plus que les autres tendance à souffrir d'une tumeur du sein. Au XVIe siècle l'Anglais Thomas Paynel affirme qu' "un cancer est une tumeur causée par une humeur mélancolique, qui ronge les parties du corps ". Cette théorie des humeurs sera encore défendue par Broussais au XIXe siècle, malgré la reconnaissance que les tissus cancéreux ressemblent plus à des tissus normaux qu'à de la " lymphe coagulée " lors des autopsies multipliées par Morgagni. On en retrouve la trace chez W. Reich qui défendra au début du xxe siècle une théorie psychologique des cancers en soutenant que " le cancer est dû à la stagnation de l'énergie vitale présente dans l'organisme ".
Hunter (John, 1728-1793)
Maître de Jenner qui va promouvoir la vaccination antivariolique, ayant proposé en 1771 l'insémination artificielle des femmes et tenté sans succès une transplantation de testicule, ce chirurgien anglais s'intéresse aussi aux cancers. Il souligne leur diversité et reconnaît leur évolution initialement locale (tumeur primitive) puis s'étendant à distance sous l'influence de ce qu'il croit être un " poison ". Il reste fidèle à la conception humorale qui explique les tumeurs par de la lymphe condensée. Pour les traiter, il préconise leur compression qui réussit parfois à les étouffer.
Voir aussi Hume.
Huysmans (Joris-Karl, 1848-1907)
Appartenant d'abord à l'école naturaliste de Zola, cet écrivain français s'en écarte pour une œuvre originale à laquelle un cancer de la bouche mettra fin, en conformité avec une vie dominée par la solitude, la démesure, la décadence (dégénérescence) et l'horreur. Grand fumeur, prêtant à ses personnages l'usage commun de cigarettes, de cigares ou de pipe, il présente de nombreux ennuis de santé – des nerfs, du tube digestif, des articulations, de la sexualité – qui vont culminer lorsqu'il commence à souffrir de la mâchoire et des dents au début du siècle. Les spectacles répugnants qu'il a décrits à profusion et à plaisir dans son œuvre (comme " la bouillie verte des entrailles des crabes "), avant comme après sa conversion au catholicisme, il va désormais les vivre dans son corps. Convaincu d'être incurable, que les promesses des médecins ou des médicaments sont des mirages, il refuse tout traitement, ne serait-ce que pour le soulager de douleurs qui deviennent de plus en plus intenses, préférant ce désordre à toute forme d'ordre qu'il a combattu toute sa vie, à côté de son métier de fonctionnaire rangé. Comme son héros Durtal dans Là-bas, il affronte lucidement l'épreuve pour donner toute leur valeur à des sacrifices voulus. Après sa situation d'oblat, il fait acte d'oblation, estimant que l'anesthésie serait une lâcheté et presque une impiété. Il refuse de se soustraire au Golgotha auquel l'a mené une vie interprétée comme un long chemin de croix.
Il a déjà rencontré le cancer avec Villiers de l'Isle-Adam, mort en 1889 d'une tumeur de l'estomac après une longue agonie qui l'a rongé et consumé, puis en 1897 avec son directeur de conscience, l'abbé Ferret, qui meurt aussi d'un cancer de l'estomac. Souffrant de douleurs dentaires très intenses, Huysmans subit plusieurs extractions mais garde ses douleurs et s'assimile mieux ainsi à Sainte Lydwine dont il écrit la biographie. Il continue à rouler ses cigarettes tout en reluquant des filles qui lui rappellent d'anciens désirs et ses " crises juponnières ". Présidant scrupuleusement l'Académie Goncourt récemment constituée, il fait un pélerinage à Lourdes, fasciné par les malades et les tumeurs qui rongent certains visages autant que par la foi qui les anime, assimilant la basilique à un " crabe géant dont les pattes tendent leurs pinces vers la vieille ville ". C'est en 1903 que son cancer se manifeste clairement, le conduisant à se faire arracher toutes les dents, entraînant des abcès, réduisant son alimentation à des bouillies, purées et cervelles... Il souffre de tout le cou, de l'oreille mais reste actif, voyage et continue à fumer de " très bons cigares ". Veillé par une jeune admiratrice, il souffre de plus en plus, secoué d'accès de fièvre, perdant peu à peu la vue. Alors que sa langue bourgeonne, des ganglions apparaissent au cou, un zona ophtalmique lui fait perdre un œil et aggrave ses douleurs. Des fistules se forment, ses plaies dégagent une odeur pestilentielle qui l'indispose lui-même, il présente de petites hémorragies. Défiguré, il continue à tenir entre ses doigts une cigarette, excepté à la fin où c'est sa gouvernante qui doit la lui allumer et la porter à ses lèvres pour qu'il essaye d'en aspirer la fumée. Son alimentation et devenue très difficile, mais il reste lucide jusqu'au bout et fait préparer une tunique d'oblat bénédictin pour en être habillé à sa mort, au milieu de vapeurs d'encens destinées à chasser la pourriture commençante.
Voir Acide homovanillique.
Appelé aussi hydroxyurée, ce médicament anticancéreux est un produit de synthèse qui agit comme un antimétabolite. Il inhibe la synthèse des acides nucléiques en empêchant la transformation des ribonucléotides (de l'ARN) en désoxyribonucléotides (de l'ADN). C'est un des rares cytotoxiques qui se prend par la bouche, à raison de 1 à 2,5 mg/m²; et par jour, plusieurs jours ou plusieurs semaines de suite. Comme les autres anticancéreux, l'hydroxycarbamide est toxique pour les cellules du sang, en particulier les globules blancs. Son administration s'accompagne de nausées et d'irritation de la bouche (stomatite), entraîne un arrêt des règles et provoque une éruption* sur la peau lors de traitements prolongés. Ses indications sont limitées aux syndromes myélo-prolifératifs, en cas de prolifération excessive de globules blancs (leucémie myéloïde chronique), de globules rouges (maladie de Vaquez) ou dans la splénomégalie myéloïde. Dans ces affections, elle représente un traitement efficace, souvent de façon prolongée.
Élévation de la calcémie, ou taux de calcium dans le sang, au dessus de 2,6 mmol/l. Dans plus de la moitié des cas, une hypercalcémie était naguère causée par un cancer mais l'insuffisance rénale est devenue, par le développement de la dialyse (rein artificiel) et la survie de ces patients, sa première cause, reléguant les cancers à la deuxième place. Son origine peut être précisée par les dosages de la parathormone (des glandes parathyroïdes), de la calcitonine (de la glande thyroïde) ou de la vitamine D qui sont les trois substances équilibrant normalement le calcium : par exemple, le taux de parathormone, augmenté au cours de l'hyperparathyroïdie, est normal ou anormal au cours des hypercalcémies tumorales ; le taux de calcitonine s'élève dans certains cancers de la thyroïde.
Une hypercalcémie d'installation rapide entraîne de nombreux signes cliniques : nausées, vomissements, asthénie musculaire, soif et urines abondantes, confusion mentale, dépression, troubles cardiaques (extrasystoles, tachycardie). D'installation lente, elle est bien tolérée et découverte par un bilan biologique dit systématique.
Chez un sujet atteint de cancer, une hypercalcémie témoigne le plus souvent de métastases osseuses, déjà connues ou révélées par les radiographies et la scintigraphie.
L'hypercalcémie maligne est due avant tout à une destruction osseuse accrue sous l'influence des ostéoclastes (cellules résorbant le tissu osseux) et des cellules cancéreuses. Les ostéoclastes sont stimulés par de nombreux facteurs biologiques comme les prostaglandines ou certains facteurs de croissance tumorale : le TGF, l'EGF. La meilleure connaissance des mécanismes qui dérèglent l'équilibre du calcium permet de mieux contrôler l'hypercalcémie, qui reste une urgence médicale. Son traitement passe par l'emploi de deux médicaments puissants : la calcitonine et surtout les diphosphonates, sans négliger une intense réanimation en cas de sévère déshydratation associée.
La survie est habituellement raccourcie quand existe une hypercalcémie qui n'est pas toujours la cause directe de la mort, mais témoigne de la gravité de l'évolution tumorale.
Synonyme de cancer du rein.
Voir Nutrition artificielle.
C'est l'augmentation d'un tissu ou de cellules pour compenser une perte anormale ou en réaction à une agression. Une hyperplasie correspond à des cellules normales ou s'accompagne d'anomalies cellulaires pouvant précéder une dégénérescence maligne.
L'élévation excessive de la pression artérielle est assez souvent associée à un cancer mais la relation des deux reste imprécise. Plusieurs médicaments traitant l'hypertension (la réserpine, des bêta-bloquants, des diurétiques) ont été accusés de favoriser l'apparition de tumeurs malignes, mais aucune de ces suspicions n'a été confirmée. Comme les cancers, l'hypertension voit sa fréquence augmenter avec l'âge et cette évolution parallèle suffit à expliquer les associations observées. Certains facteurs de risques augmentent cependant à la fois la fréquence des cancers et celles de l'hypertension : un excès de consommation de sel, le tabagisme, l'obésité. Hypertension et obésité augmenteraient, séparément, le risque de cancer du rein* chez l’homme.
Des accès d'hypertension artérielle sont exceptionnellement provoqués par un excès de catécholamines, hormones produites par un phéochromocytome, tumeur de la glande surrénale qui sera découvert à cette occasion.
Élévation locale ou générale de la température* du corps, au-dessus du chiffre normal de 37-37,5° Celsius (on parle de fièvre quand elle traduit une maladie), l'hyperthermie a été depuis longtemps proposée pour traiter les cancers. Ce chauffage était un moyen d'atrophier le sein droit des Amazones. Le papyrus médical égyptien Edwin-Smith, vieux de près de quatre mille ans, rapporte une tentative de traitement d'un cancer du sein à l'aide d'une " tige chauffée ". Hippocrate en fait état dans ses aphorismes et, à sa suite, plusieurs médecins proposeront de " cautériser " certaines tumeurs superficielles, mais il faut attendre le XIXe siècle pour que l'hyperthermie trouve réellement une place dans le traitement des cancers, après Bichat pour qui " il est vrai que la fièvre soit un instrument de guérison " et partisan de la " pyrétothérapie ". À ce moment, des médecins observent des cas de régression, voire quelques guérisons d'authentiques cancers à la suite de grands états fébriles occasionnés par des infections. On cherche alors à créer des fièvres artificielles, principalement à l'aide de toxines, dont la plus utilisée fut celle de l'Américain Coley. Des résultats inconstants et décevants, quelques accidents, l'arrivée en 1895 des rayons X, qui allaient se révéler une arme majeure, plongent dans l'oubli ces techniques d'hyperthermie généralisée.
Dans les années 1960-1970, à la lumière de solides études scientifiques, l'hyperthermie anticancéreuse renaît de ses cendres. Les chercheurs démontrent qu'une élévation thermique de 6 à 8°C au dessus de 37°C, maintenue plusieurs heures, est toxique pour les cellules de mammifères et donc pour les cellules tumorales. Les cellules à pH bas, celles en phase de synthèse (S) du cycle cellulaire ou celles vivant en milieu appauvri paraissent plus sensibles à cette action toxique ; or ce sont les cellules les plus difficiles à détruire par les rayonnements ionisants. Les modes d'action respectifs de l'hyperthermie et de la radiothérapie se révèlent donc complémentaires, tandis que des études en laboratoire montrent que l'hyperthermie augmente l'efficacité de la radiothérapie. Ce même effet potentialisateur s'observe quand l'hyperthermie accompagne certains médicaments de chimiothérapie.
Les bases théoriques de l'hyperthermie en cancérologie sont donc prometteuses et les premiers essais cliniques commencent dans les années 1970. Grâce à divers appareils, utilisant les micro-ondes, les radio-fréquences ou les ultra-sons, on parvient à chauffer de façon satisfaisante des tumeurs superficielles et à améliorer les résultats de la radiothérapie associée, par exemple pour les récidives locales de cancer du sein. L'hyperthermie interstitielle, qui chauffe les tumeurs à l'aide de sondes implantées et s'associe à la curiethérapie, est aussi efficace; mais cette technique est limitée par l'impossibilité d'implanter sondes ou antennes dans bien des tumeurs malignes. Les tumeurs profondes, dans le thorax ou l'abdomen, échappent aux possibilités de l'hyperthermie, car aucune technique ne permet à l'heure actuelle d'élever spécifiquement, de manière suffisante et homogène, leur température. Cela explique le faible impact global de l'hyperthermie en cancérologie.
Sommeil superficiel, induit par suggestion d'un tiers ou influence personnelle, qui réduit la vigilance et entraîne une détente physique et psychologique. L'hypnose est parfois proposée pour réduire l'anxiété ou soulager des douleurs. Ses méthodes ne sont pas bien codifiées, ses effets sont imparfaitement évalués et sa place dans la prise en charge d'un cancéreux reste discutée et marginale.
Voir Sommeil.
Baisse du calcium dans le sang en dessous de 2,1 mmol/l, elle peut être liée, au cours d'un cancer, à la dénutrition ou à la baisse des protéines sanguines qui le transportent. Il faut la corriger en apportant du calcium ou de la vitamine D, qui augmente l'incorporation osseuse de calcium, ou en luttant contre la dénutrition.
Située en avant et à la base du cerveau, dans une cavité osseuse appelée selle turcique, c'est une glande endocrine qui commande la production (sécrétion) d'hormones par les autres glandes dont elle a été appelée le " chef d'orchestre ". Elle est mise à contribution au cours de l'hormonothérapie des cancers : elle était autrefois détruite par chirurgie ou implantation d'un isotope radioactif d'yttrium, elle est aujourd'hui influencée par d'autres substances hormonales, comme le LHRH.
L'hypophyse est constituée de deux parties. La partie antérieure, ou anté-hypophyse, est à l'origine de la plupart des tumeurs (qui représentent 8% de toutes les tumeurs primitives situées dans le crâne). La plupart sont bénignes : ce sont des adénomes qui autrefois étaient révélés par des signes de compression ou des troubles de la vision ; ils sont aujourd'hui découverts plus tôt, grâce aux progrès de l'imagerie, notamment à la suite de troubles hormonaux liés à un excès de sécrétion par l'adénome. Ils sont reconnus par scanographie ou IRM sur une déformation de la selle turcique et sont traités par une ablation chirurgicale : aujourd'hui la microchirurgie retire exclusivement la tumeur et préserve le reste de l'hypophyse et la sécrétion des hormones correspondantes.
La partie postérieure de l'hypophyse donne des craniopharyngiomes, qui représentent 2,5% des tumeurs intracrâniennes. Elles sont également bénignes mais leur ablation est difficile, elles peuvent récidiver sur place, nécessiter une radiothérapie complémentaire ou entraîner la mort. Leur traitement a aussi bénéficié des techniques de microchirurgie.
Ablation chirurgicale de l'utérus, nécessaire pour le traitement de certains cancers, de cet organe ou des ovaires.
Examen de l'utérus par rayons X après injection d'un produit de contraste par le col au fond du vagin, pour visualiser la cavité du corps utérin (Figure in Génital). Cela permet parfois d'y découvrir un polype ou un ulcère, bénins ou malins, responsables d'hémorragies génitales.
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Examen de la cavité située au sein de l'utérus – où se développe une grossesse (Figure in Génital) – par endoscopie, à l'aide d'un tube fin de fibres optiques, introduit par l'orifice du col utérin, au fond du vagin. Une hystéroscopie peut être utile, en cas d'hémorragies génitales pour en rechercher la cause et parfois découvrir un cancer débutant.
Bernard Hœrni.